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Le succès… à quelques éléments près !


Max Tixador - Fanadiens.com

Comment devenir une équipe qui aspire aux grands honneurs année après année? Contrairement à plusieurs autres sports, être une des équipes le plus rentables n’est pas un gage de succès dans la LNH. En fait, selon moi, il n’y a pas de recette secrète pour devenir une bonne équipe dans la LNH. Cependant, je suis d’avis que les équipes qui performent bien pendant plusieurs saisons consécutives partagent certains points communs. Je souligne que je ne crois pas que ces points communs sont essentiels aux équipes qui espèrent remporter la Coupe Stanley, mais je concède que ces similitudes donnent de très bons indices sur le potentiel succès d’une équipe. Je me garde une petite gêne dans mes propos, car chaque saison, au moins une équipe défie les pronostics et crée la surprise pendant la saison et pendant les séries éliminatoires. Dans les prochaines lignes de mon 250e billet sur le magnifique blogue Fanadiens.com, il sera question des éléments qui unissent les puissances et les étapes qui font qu’une équipe de bas de classement peut se hisser parmi les puissances de la Ligue en l’espace de quelques saisons. Comme la majorité des lecteurs de Fanadiens.com sont des partisans des Canadiens de Montréal, le texte démontrera plusieurs parallèles et analyses en profondeur avec cette équipe. Sur ce, bonne lecture !

Bâtir avec le repêchage?

Source : NHL.com

Les plus grands analystes de hockey suggèrent qu’un bon repêchage est un élément déterminant au succès potentiel d’une équipe… ont-ils raison? Ce qu’il faut tout d’abord savoir, c’est que le repêchage annuel de la LNH est loin d’être le pari le plus fiable pour déterminer le succès d’une équipe quelques jours après l’encan. Plusieurs facteurs peuvent jouer en faveur ou contre l’équipe qui repêche. Comme diraient plusieurs observateurs, le repêchage est loin d’être une science exacte.

Le Lightning de Tampa Bay est un bon exemple d’une équipe qui a bâti son succès avec le repêchage. La saison passée, plus de la moitié de leur équipe (après la date limite des transactions) était composée de joueurs qu’ils avaient repêchés. On peut aussi noter que plusieurs joueurs repêchés par la formation américaine ont servis d’appâts pour faire l’acquisition de joueurs via le marché des transactions comme Jonathan Drouin qui est passé au Tricolore en retour de Mikhail Sergachev ou même de Vladislav Namestnikov qui a permis au Lightning de mettre la main sur Ryan McDonagh et JT Miller des Rangers de New York.

 

 

Je ne crois pas que le Lightning possède nécessairement des meilleurs dépisteurs que les autres formations de la LNH ou qu’ils ont tout autre avantage par rapport aux autres équipes. Même si c’est très peu médiatisé, les Bolts ont eu des encans très douteux (comme toutes les équipes). Ils ont toutefois réussi à se bâtir un solide noyau de joueurs en l’espace de 6 repêchages.

Source : Archives

Alex Killorn – R3 #77 (2007)
Steven Stamkos – R1 #1 (2008)
Victor Hedman – R1 #2 (2009)
Vladislav Namestnikov – R1 #27 (2011) *
Nikita Kucherov – R2 #58 (2011)
Ondrej Palat – R7 #208 (2011)
Andrei Vasilevskiy – R1 #19 (2012)
Brayden Point – R3 #79 (2014)

*Ne joue plus avec l’équipe

Le Lightning a aussi pu compter sur l’émergence de plusieurs joueurs autonomes comme Tyler Johnson et Yanni Gourde pour les aider à atteindre la finale de l’Est deux fois depuis 3 ans.

 

Nous pouvons faire un constat similaire avec les Jets de Winnipeg qui ont sélectionné 64% des joueurs qui ont formé l’équipe qui s’est battue jusqu’en finale de l’Ouest cette saison. De plus, ils ont effectué plusieurs transactions importantes pour bâtir leur noyau de joueurs. Dustin Byfuglien et Blake Wheeler ont tousdeux été acquis via le moyen de la transaction alors que Mark Scheifele, Nikolaj Ehlers, Patrick Laine, Joshua Morrissey, Jacob Trouba ainsi que Connor Hellebyuck ont rejoint les Jets de Winnipeg après avoir entendu leur nom au repêchage.

Et le Canadien dans tout ça?

Source : The Globe and Mail

 

Je crois que le Tricolore se situe dans une situation de réoutillage rapide avec patience. Le noyau de l’équipe est âgé en majorité de 25 ans et moins et plusieurs noms vont cogner à la porte du grand club au cours des 2-3 prochaines années. C’est presque certain que Victor Mete, Nikita Scherbak ainsi que Noah Juulsen auront un poste régulier au sein du club cette saison. Ryan Poehling va conclure sa dernière année de hockey universitaire avant de rejoindre le CH en fin de saison ou la saison prochaine. Jesperi Kotkaniemi pourrait profiter de la nouvelle équipe d’entraîneurs fraîchement engagés au sein du Rocket de Laval, d’une expérience dans la LNH ou d’un retour en Finlande où il évoluerait sous les ordres de son paternel. Josh Brook et Cale Fleury seront à surveiller la saison prochaine avec le Rocket de Laval. Les 2 défenseurs affichent une excellente progression depuis leur sélection en 2017 et je ne serais pas surpris de voir l’un des deux se tailler un poste avec l’équipe après le camp d’entraînement l’été prochain. Jake Evans est aussi à surveiller. Après avoir explosé au sein du hockey universitaire américain, le petit centre tentera de démontrer l’étendue de son talent avec le Rocket de Laval pour tenter de se faire valoir aux yeux de l’état-major du grand-club. Le Canadien a fait l’acquisition d’un choix tardif pour sélectionner le gardien Cayden Primeau en fin de repêchage en juin 2017. Le pari des dépisteurs du CH semble avoir porté fruit alors que Primeau s’impose comme l’un des gardiens les plus prometteurs en date d’aujourd’hui. Le dernier repêchage du Canadien semble avoir été très bon en perspective. Trevor Timmins a sélectionné des joueurs avec beaucoup de potentiel dans des positions clés. Le journaliste Corey Pronman a classé le dernier repêchage de l’équipe de Marc Bergevin comme meilleur de la LNH à égalité avec les Red Wings de Detroit. Il est le 2e journaliste à choisir ces deux  équipes comme les meilleures du dernier repêchage. Grant McCagg avait fait le même constat et mon collègue Daniel Vanier vous en avait parlé récemment. Vous pouvez lire l’article sur le sujet juste ici :

Grant McCagg attribue les notes des 31 équipes de la LNH pour le dernier repêchage

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Profiter de ses ressources

Les Maple Leafs de Toronto ont sorti le gros chéquier pour mettre la main sur le meilleur entraîneur de la LNH en mai 2015. Celui qui a passé les 10 saisons précédentes avec les Red Wings de Detroit a apposé sa signature sur un pacte qui lui rapporterait 50M$ pendant 8 ans, faisant de lui l’entraîneur le mieux payé de l’histoire de la LNH. Quelques semaines plus tard, l’organisation ontarienne ajoutait une autre grosse pointure de la LNH en sortant Lou Lamoriello des Devils du New Jersey avec une entente de 3 ans. Un an plus tôt, c’était Mark Hunter, l’homme derrière le succès des Knights de London dans la OHL, qui a rejoint les rangs des Maple Leafs de Toronto. Une saison auparavant, c’était l’actuel DG de l’équipe qui a été engagé par le président de l’organisation Brendan Shanahan.

Le Canadien de Montréal figure parmi les 3 équipes les plus rentables de la LNH depuis bon nombre d’années. Contrairement aux voisins, les Sénateurs d’Ottawa, l’argent dépensé pour les salaires des joueurs n’a jamais été un problème pour l’organisation. En fait, le seul bémol de l’équipe en ce qui concerne les salaires, c’est que Montréal est l’une des villes où les taxes sont les plus élevées de toute la LNH et cela devient difficile pour Marc Bergevin lorsqu’il il est question de négocier des contrats avec des joueurs autonomes sans compensation ou des prolongations de contrat, car les joueurs vont demander une compensation supplémentaire pour les taxes. Donc le contrat sera plus gros et c’est un petit peu problématique quand on a une masse salariale limitée. Bref, le CH a l’argent pour se payer les meilleurs entraîneurs, des grosses équipes de dépisteurs et du personnel de renom pour contribuer au succès de l’équipe.

Chez le personnel de l’équipe…
Cet été le Canadien a passé à l’action, Dominique Ducharme et Luke Richardson ont remplacé Jean-Jacques Daignault et Dan Lacroix. Lacroix et Daignault figuraient parmi les employés de l’équipe depuis respectivement quatre et six ans. Du côté du Rocket de Laval, Joel Bouchard remplace Sylvain Lefebvre derrière le banc du club-école de l’équipe. Ducharme et Bouchard figuraient parmi les entraîneurs très convoités par les équipes de la LNH pendant la fin de la saison 2017-2018, mais c’est Marc Bergevin qui a convaincu les deux entraîneurs québécois de rejoindre le bateau de l’équipe. Le club-école du Canadiens de Montréal ajoute une corde à son arc en annonçant l’embauche d’Alexandre Burrows à titre d’entraîneur-adjoint.Luke Richardson est un ancien défenseur de la LNH qui a fait ses classes dans le milieu du coaching dans la LNH. Il a été entraîneur-adjoint avec les Sénateurs d’Ottawa et les Islanders de New York. Il a été nommé entraîneur de l’équipe Est au cours du match des étoiles de la AHL en 2012-2013 après avoir mené les Sénateurs de Binghamton (une équipe qu’on voyait dans les bas fonds de la AHL) au 4e rang de la conférence de l’Est avec une fiche de 44 victoires, 24 défaites et 8 défaites en temps supplémentaire. Richardson est un entraîneur très respecté dans la LNH. Cela fait suite à la St-Valentin 2017 du CH où Marc Bergevin a remplacé Michel Therrien par Claude Julien à la barre de l’équipe (comme en 2003).

Dans les transactions…
Quand je dis que le CH utilise bien ses ressources, ce n’est pas juste avec le salaire des entraîneurs. Dernièrement, Marc Bergevin a réalisé une transaction qui pourrait devenir très payante pour avoir utilisé une ressource de taille : la masse salariale. Le Canadien faisait partie des équipes qui disposaient de beaucoup de place disponible sur leur masse salariale et ils l’ont utilisée pour faire l’acquisition de l’énigmatique Joel Armia (et des choix de 4e et 7e ronde). Avec cette transaction (et avec Steve Mason) racheté, le Canadien aura seulement 1.3M$ à payer pendant 2 ans pour Steve Mason. C’est une utilisation ultra efficace de la masse salariale.

Le Combine à Stockholm…

Source : sport.business-gazeta.ru

 

Je suis aussi convaincu que le Combine du CH à Stockholm en Suède est un coup de maître de l’utilisation des ressources de l’équipe par l’état-major de l’équipe. Le Canadien a beaucoup de moyens financier et d’organiser un camp pour évaluer des jeunes joueurs européens en vue du repêchage est une action essentielle pour que le CH retrouve l’espoir de remporter un championnat dans un avenir rapproché. C’est le type de camp qui a permis à Trevor Timmins d’en voir plus clair sur un espoir comme Alexander Romanov, le défenseur russe sélectionné 38e au total au dernier repêchage. Cette sélection en a surpris plus d’un, mais le Tricolore semble être convaincu de son coup. L’agent du défenseur a affirmé que son client aurait été repêché parmi les 10 premiers s’il évoluait en Amérique du Nord. C’est quand même surprenant de voir un joueur classé 115e meilleur espoir européen par la centrale de recrutement de la LNH sortir aussi tôt dans un repêchage, mais plusieurs facteurs pourraient justifier la sélection. Plusieurs équipes auraient signalé leur intérêt marqué envers le défenseur russe avant sa sélection. De plus, le défenseur évolue dans une ligue très peu considérée par les dépisteurs de la LNH. Ce dernier facteur a probablement poussé le CH à lui faire une invitation à son camp afin de mieux l’évaluer. Ainsi, je crois que pour les camps d’évaluation de jeunes en suède, le Canadien a très bien utilisé ses ressources.

Les statistiques avancées…
Très peu d’informations circulent sur l’utilisation des statistiques avancées chez le Canadien contrairement à plusieurs équipes (comme les Panthers de la Floride, les Coyotes de l’Arizona, les Penguins de Pittsburgh et les Maple Leafs de Toronto) qui ont ouvertement engagé des experts de ce domaine à de très bons postes pour leurs équipes respectives. Cependant je me rappelle avoir lu un texte qui relatait d’un moment précis où le CH a mis beaucoup de moyens dans leurs sections des statistiques avancées. C’est un texte qui date de 2016, mais je suis convaincu qu’il est encore d’actualité. Réjan Tremblay, du Journal de Montréal, expliquait le processus qui a amené à la signature d’Alexander Radulov avec le CH le 1er juillet 2016. Il explique que Marc Bergevin a accordé beaucoup d’importance aux statistiques avancées de l’attaquant russe et que ces dernières ont eu beaucoup d’importance quand le temps est venu pour l’équipe de lui faire une offre. Tremblay a ajouté que les statistiques ont de plus en plus d’importance au sein de l’état-major de l’équipe. Deux saisons plus tard, je suis convaincu que l’organisation accorde encore une grande place (sinon une plus grande place qu’avant) aux statistiques avancées quand vient le temps de réaliser des transactions (comme Domi-Galchenyuk et Bourque-Armia) et des signatures de joueurs autonomes (comme Matthew Peca).

Pour conclure ce long billet, je tiens à ré-affirmer ma confiance vis-à-vis le personnel du Tricolore et je crois que même s’il va continuer à y avoir des faux pas dans notre quête vers le succès je suis convaincu que l’équipe avance dans la bonne direction pour devenir une puissance dans les années à venir. Le Tricolore semble avoir connu des bons repêchages dernièrement et je constate que l’équipe effectue une gestion exceptionnelle des outils à leur disposition.

Sur une note plus personnelle, je tiens à remercier le propriétaire de Fanadiens.com, Daniel Vanier, pour m’avoir donné l’occasion de partager ma passion pendant 250 textes sur un blogue aussi connu. Je tiens aussi à remercier, mes proches et lecteurs pour leurs commentaires. Je conseille à toute personne qui veut commencer à écrire comme moi, à contacter la page Facebook de Fanadiens.com ou cliquer sur l’onglet contact et de signaler leur intérêt à faire partie de l’équipe. 

Image d’entête : HEOTP

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