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L’inspirante et touchante histoire de Ben Meisner


Daniel Vanier - Le 7e match.com

Aujourd’hui c’est la journée Bell cause pour la cause. C’est un programme d’une grande envergure visant à briser le silence qui entoure malheureusement trop souvent la maladie mentale.

Lors de la Journée Bell Cause pour la cause, Bell donnera encore plus pour soutenir des initiatives canadiennes en santé mentale au Canada, en versant 5 cents pour chaque message texte ou appel admissible, tweet, visionnement de la vidéo dans les médias sociaux et utilisation de notre cadre sur Facebook ou du filtre sur Snapchat.

C’est une très belle cause. Plusieurs personnes qui souffrent de maladie mentale gardent trop souvent le silence sur leurs problèmes. Certains prennent parfois leur courage à deux mains et profitent de cette journée pour raconter leur histoire. Souvent c’est le cas de personnalité célèbre. D’autres belles histoires peuvent cependant être vécues par des gens le sont peut-être moins, mais qui ont tout de même un mot à nous dire. C’est le cas du gardien de but Ben Meisner.

L’histoire touchante de Ben Meisner

Une des plus belles histoires que j’ai entendue sur le sujet de la santé mentale est celle d’un gardien de but qui roule sa bosse en Europe depuis plusieurs années et qui est méconnu de la grande majorité des amateurs de hockey : Ben Meisner. Son histoire m’avait tellement touché que j’étais entré en contact avec lui et il m’avait gentiment accordé une entrevue. J’ai eu envie de la publier à nouveau parce que je crois qu’en cette journée importante, son message se doit d’être entendu.

Un drame atroce qui arrive trop souvent

Ben Meisner avait écrit son texte sur The Player Tribune. Il l’avait intitulé : « I’m Not Connor McDavid». Il avait envie de raconter l’histoire d’un sportif professionnel, qui n’a pas le talent ni la célébrité d’un Connor McDavid et qui avait des ennuis de santé mentale. Il disait qu’il avait passé près de se suicider et que si cela serait arrivé…Personne n’en aurait entendu parler, car il n’est pas fameux. Meisner démontre ainsi que ce drame atroce arrive trop souvent sans qu’on le sache. Il voulait aussi raconter son histoire , car il est beaucoup plus près de «Monsieur tout le monde» que des célébrités sportives. Il n’est pas une superstar, mais seulement un gardien de but qui doit travailler dur chaque jour pour conserver son poste.
Ben Meisner voulait nous entretenir de ce dur travail qu’est le métier de gardien de but. Un travail encore plus difficile lorsqu’on souffre aussi de problèmes mentaux. L’insécurité est grande. Le gardien rappelle que pour les joueurs oeuvrant dans la LNH ou dans la Ligue Américaine, ils possèdent encore un emploi lorsqu’ils sont rétrogradés soit dans la LAH ou dans la ECHL. Par contre pour les joueurs jouant dans la ECHL ou dans la SPHL, lorsqu’ils se font retrancher, ils se retrouvent alors devant rien. Alors , lorsque vous souffrez de dépression ou d’un autre problème mental, vous gardez souvent cela pour vous, de peur que votre employeur croie que vous n’êtes plus apte à effectuer le travail correctement.

Les équipes de sport professionnel devraient être plus sensibles au problème

Le 7e Match a discuté avec Ben Meisner et lui a fait remarquer que dans son texte, il disait savoir qu’il n’allait pas bien, mais qu’il avait peur de parler de sa situation, car il croyait justement qu’il allait perdre sa position. On lui a demandé s’il croyait que la direction des équipes sportives professionnelle devrait être plus sensible aux problèmes de santé mentale. Le gardien a répondu dans l’affirmative:

«Je crois que oui. Je crois que cela devrait être une priorité dans la mentalité des gens. Je crois qu’ils devraient considérer une blessure de santé mentale comme n’étant pas différente de toute autre blessure.

Peu de postes disponibles…et un stress incommensurable

Lorsque nous désirons évoluer dans n’importe quel sport professionnel, on s’attend à ce que la compétition soit forte. Il y a beaucoup de candidats désirant se joindre à une équipe et peu de postes disponibles. Cela est encore plus vrai lorsqu’on est un gardien. Meisner souffrait de dépression, mais aussi de trouble obsessionnel compulsif (OCD). Disons que ce n’est pas une surprise qu’il ait fait les calculs mathématiques. Il a recensé le fait qu’il y a un total de 98 équipes de hockey professionnelles en Amérique du Nord. Ce qui donne donc 196 jobs pour les gardiens. Lorsqu’il n’allait pas bien, Meisner revenait constamment au fait qu’en Amérique du Nord seulement, il y avait habituellement 320 agents libres comme gardien de but dans le D-I, D-III, les collèges canadien, la SPHL,l’AHL, la ECHL et la LNH qui se battaient pour les quelques postes qui s’ouvraient. Dans son cas, il disait sentir le souffle de ces 320 gardiens dans son cou. Voilà qui est assurément un stress incommensurable. Meisner dit dans son texte qu’il pleurait chaque jour.Il avait des attaques de panique et avait peur de tout et de rien.
Cependant…Il ne pouvait pas demander de l’aide. Du moins, c’est ce qu’il croyait.
Il a donc envisagé le suicide.

La peur l’a aidé

Bizarrement, c’est la crainte de ne pas savoir ce qui allait arriver s’il mourait en se suicidant qui a empêché Ben Meisner de commettre cet acte irréparable. il a continué de lutter chaque jour et aujourd’hui il défend encore le filet d’une équipe de hockey professionnelle

On peut le féliciter de sa résistance et d’avoir aussi le courage de parler de sa situation et de ses problèmes de santé mentale. Meisner a maintenant 8 saisons de hockey professionnel derrière la cravate et il compte bien poursuivre sa carrière encore longtemps.

La DEL de loin supérieure à l’ECHL

Ben Meisner évoluait dans la DEL lors de l’entrevue(Deutsche Eishockey Liga ). Nous lui avons demandé de nous parler un peu de cette ligue et de la comparer au calibre de la ECHL. Meisner nous dit que le calibre est beaucoup plus fort dans la DEL. On y retrouve beaucoup plus de joueurs talentueux . Voici sa réaction lorsqu’il veut nommer les différences entre ces deux calibres :

»Oh man. Tout est différent ! La vitesse, le calibre, le jeu et le talent à l’intérieur de la ligue. Il y a tellement d’ancien très bons joueurs de la LNH dans la DEL. C’est vraiment une excellente ligue.»

Une invitation des Sharks

Nous lui avons demandé ce qui lui manquait pour jouer dans la LNH et le gardien maintenant âgé de 29 ans a eu une belle réponse:

« Je dirai que je n’avais pas le bon gabarit et la consistance. Par contre, dans mon esprit je l’ai fait. J’ai participé à un camp d’entrainement de
3 semaines avec les Sharks de San Jose . C’est assez bon pour moi pour dire que j’ai goûté à la LNH dans mon esprit et je ne suis pas du tout amer aujourd’hui.»

Des projets

Ben Meisner a maintenant le goût dfe vivre et il veut le faire longtemps. Nous lui avons demandé s’il désirait continuer d’évoluer dans le monde du hockey une fois sa carrière de joueur terminé et sa réponse ne s’est pas fait attendre :

«Oui certainement ! Je ne veux pas quitter ce monde. J’aimerai beaucoup être un entraîneur de gardiens de but ou encore un coach de performances une fois mes jours comme joueur seront terminés.»

Une inspiration pour les jeunes

Le texte de Ben Meisner est vraiment touchant, mais il est inspirant aussi. Nous lui avons demandé en terminant s’il avait un message pour les jeunes joueurs de hockey et le voici:

«En travaillant dur, tout et possible. Venant d’un petit garçon comme moi qui garde maintenant les buts comme métier, et qui le fait avec un problème de santé mentale, si tu crois en toi et continues de travailler inlassablement. Tu peux atteindre des objectifs encore plus gros que ce que tu avais imaginé.»

Voilà qui est clair. Merci beaucoup Ben Meisner de nous avoir accordé ce temps. Son histoire est vraiment une inspiration pour tous les jeunes qui aspirent à devenir un joueur de hockey professionnel et voilà pourquoi nous voulons la faire connaître à nouveau aujourd’hui.

Nous vous invitons à lire le texte de Ben Meisner ICI

Crédit photo : Zuma Press

Source: Ben Meisner «I’m not Connor McDavid», The Hockey Tribune

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