Aller à…

Le 7e Matchsur Google+RSS Feed

Carey Price : L’homme au masque de fer!


Par Pierrick Cusson

Montréal, Qc. – Le 30 juillet 2005 ne veut absolument rien dire pour la très grande majorité des gens qui forment notre société. Pour la plupart des amateurs du Canadien de Montréal, il se pourrait fort bien qu’elle puisse également ne rien dire pour vous. Cependant, pour les spécialistes en recrutement il y a de fortes possibilités que cette date vous rappelle d’excellents souvenirs.

Cette journée-là, la Ligue nationale de hockey tenait son repêchage amateur. En raison du lock-out imposé par les propriétaires de la ligue lors de la saison 2004-2005, pour la toute première fois de son histoire, une loterie allait déterminer l’ordre complet de sélection pour les 30 équipes en lice. Chacune des équipes avaient donc une chance de mettre la main sur le prodige en devenir Sidney Crosby. Lors de cette soirée forte en émotion, les partisans du Canadien auront cru pendant quelques minutes que Crosby pourrait aboutir à Montréal. Ce ne fut pas le cas. Chanceux ou malchanceux selon certains observateurs, le Canadien sélectionnera au 5e rang. Tout juste derrière le Wild du Minnesota, Les Hurricanes de la Caroline, Les Mighty Ducks d’Anaheim, et les Penguins de Pittsburgh.

Le Canadien qui avait ciblé l’attaquant Benoit Pouliot voit le Wild du Minnesota lui couper l’herbe sous le pied quelques instants avant de pouvoir le réclamer en le sélectionnant tout juste avant le choix du tricolore. Heureusement pour la suite des choses le directeur du recrutement Trevor Timmins y frappera un retentissant coup de circuit en sélectionnant un joueur qui transformera complètement l’organisation centenaire pour les 10 prochaines années j’ai nommé: Carey Price.

La sélection de Carey Price ne fera pas du tout l’unanimité. Deux experts du réseau TSN remettront en doute la sélection de Timmins. Pour un, Pierre McGuire dira que sélectionner un gardien n’était pas un bon fit pour Montréal puisque l’équipe avait  déjà trop de gardiens de but. Il nommera José Théodore, Cristobal Huet et Yann Danis tout en disant que l’organisation venait d’échanger Mathieu Garon en raison du surplus de gardiens. C’est sans parler de Jaroslav Halak, qui sera mentionné par Bob Gainey pendant son entrevue avec James Duthie. McGuire ajouta que l’équipe avait beaucoup d’autres besoins tant à la défense qu’au centre, justifiant son point en expliquant que l’organisation avait payé beaucoup trop cher pour faire l’acquisition de Radek Bonk. Bob McKenzie, qui est l’un des meilleurs analystes de la ligue, qualifiera le choix d’intéressant. McKenzie dira également que le Tricolore aurait pu repêcher des joueurs comme Marc Staal, Gilbert Brulé et Anze Kopitar.

Sous la loupe à 20 ans

 

Dès son premier match hors-concours, Carey Price sera la cible de nombreuses critiques.

Réjean Tremblay du journal La Presse viendra à sa défense en plein mois de septembre.  Par contre, encore une fois, on mettra en doute son arrivée dans la grande ligue. Bob Gainey sera celui qui ”tranchera le débat”.

 

 

 

 

 

 

 

 

Carey Price confondra malgré tout les sceptiques, et dès l’âge de 20 ans il fera le saut dans la grande ligue.

La décision de Gainey aura donc été la bonne. Au terme de sa première saison, Carey Price affichera des statistiques intéressantes. En 41 rencontres Carey Price remportera 24 matchs en 41 rencontres en plus de conserver une moyenne de but alloué de 2.56 ainsi qu’un % d’arrêt de .920.

La pression de produire

Après une première saison prometteuse, le public montréalais voit en Carey Price un futur Patrick Roy. Après tout, comme Roy Price avait gagné la coupe Calder dans la ligue américaine, et avait également remporté plus de matchs que le célèbre no.33 à sa première saison dans la grande ligue.

Price partagera les deux saisons suivantes avec le gardien slovaque Jaroslav Halak. Durant cette période, Il ne se passera pas une semaine sans se demander qui sera dans les filets. Price ou Halak? D’ailleurs en novembre 2009 alors que Price éprouve toute sorte de difficulté, et après une autre défaite subite contre le Lightning de Tampa Bay Allan Walsh, l’agent de Jaroslav Halak ira d’un commentaire qui secouera la planète twitter en tenant les propos suivants: Price a un dossier de 10 victoires et 32 défaites à ces 42 derniers départs.

Price was in goal for the loss against the Lightning and Walsh tweeted:  “Interesting stat of the night … Price is 10W, 32L in last 42 starts. Hmm.”

Il n’en faudra pas plus pour créer une autre guerre Price-Halak. D’ailleurs, il s’en aura fallut de peu pour que Carey Price soit échangé au Lightning de Tampa Bay en retour de Vincent Lecavalier. C’est à tout le moins ce qu’à dit l’ex-directeur gérant Brian Lawton au réseau sportsnet quelques années plus tard :

.

L’ancien directeur général du Lightning de Tampa Bay Brian Lawton a confié au réseau Sportsnet mercredi qu’une mégatransaction avec le Tricolore est passée à un poil de se réaliser en 2009.

Selon ses dires, le DG du CH de l’époque, Bob Gainey, avait accepté d’échanger Price, Pacioretty, Subban et un choix de premier tour au Lightning contre Vincent Lecavalier.

La transaction a finalement achoppé puisque le deuxième proriétaire n’était pas d’accord.Les propriétaires du Lightning ont imposé leur droit de veto.

Finalement, Price passera les séries 2009-2010 au bout du banc à encourager son coéquipier slovaque qui connaîtra littéralement un printemps incroyable propulsant l’équipe montréalaise en finale de conférence de l’est. Au terme de la saison plusieurs analystes, amateurs croyaient que le temps était venu d’échanger Carey Price, mais ce sera Jaroslav Halak qui sera sacrifié.

Il n’en faudra pas plus pour soulever la colère au sein de la province québécoise. La firme Léger tiendra un sondage éclair le jour même de la transaction et environ 25% de la population avait encore confiance en Carey Price pour être gardien titulaire de l’organisation.

Dès la saison suivante, celle de 2010-2011 Carey Price fera encore une fois taire les sceptiques, il gardera les filets pour 72 rencontres récoltant au passage 38 victoires. Price récoltera pas moins de 226 victoires au cours des 8 saisons suivantes. Ce qui équivaut à 28 victoires par saisons. Durant cette période, Price sera absent du jeu pendant plusieurs longues séquences. Toutefois, ceci ne l’empêchera pas d’avoir raflé les trophées Vézina, Jenning, Hart et Pearson en 2015 en plus de remporté l’or avec l’équipe Canadienne de Hockey lors des Olympiques de Sotchi (2014).Il ajoutera à son palmarès une médaille d’or lors la coupe du monde en 2016.

Mal à l’aise avec la pression des médias

Malgré tout le talent que Carey Price puisse posséder, il semble éprouver un profond malaise avec les médias montréalais. Qui ne se souvient pas de son fameux ”Chill out” émit au camp d’entraînement en septembre 2010. En mai 2013 Carey Price soulignait qu’il était parfois difficile de composer avec la pression du public, et des médias:

«C’est difficile mentalement, je mentirais si je disais le contraire, a confié Price. Mais c’est la nature de ce travail et il faut savoir l’accepter.»

«Je vais être le bouc-émissaire et il faut apprendre à l’accepter – y compris quand ce n’est pas mérité. Et quand on est le héros, c’est tentant de laisser son orgueil tout balayer. Bref, c’est facile de se trouver terrible et c’est facile de se trouver sensationnel.»

«Je m’ennuie de l’anonymat, a reconnu Price à ce sujet. C’est impossible d’y arriver ici. Je ne sors plus faire l’épicerie. Je ne fais presque plus rien, en vérité. Je suis comme un hobbit dans son trou.»

«C’est tout ce que j’ai connu, je suis parti du junior pour m’amener presque directement à Montréal, dit-il. C’est le seul environnement que je connaisse.»

«Il y a beaucoup de gens mécontents et j’ai appris à accepter cela et à laisser les gens parler. C’est difficile, mais il n’y a rien d’autre à faire.»

«Si l’on consacre trop d’efforts à agir en fonction de ce que les gens pensent, on n’atteindra jamais les buts qu’on s’est fixés.»

Lors de la dernière saison, d’autres épisodes ont fait la manchette concernant des rumeurs plus farfelues les unes que les autres. Ironiquement, c’est Angela Price sa femme qui en utilisant les réseaux sociaux mit un terme à ces ouï-dire selon lesquels le couple était sur le point de se séparer, en y allant d’une déclaration savoureuse sur son compte instagram.

Regardez cette publication sur Instagram

🙋🏼just for the record I am not getting divorced or threatening a divorce nor do I want to leave Montreal. Just in case anyone was interested…though, the rumors have been pretty entertaining 😂 #chilloutpeople 📷: @mariphotographe

Une publication partagée par Angela Price (@byangelaprice) le

La relation de Price avec les médias continuera de se détériorer avec les médias à la fin de l’année 2017 après un match extérieur ou il n’avait rien à se reprocher dans un revers contre les sénateurs d’Ottawa Price ira de déclaration courte et sèche… Le 31 en avait le ras-le-bol.

Questionné sur l’effort collectif de l’équipe dans cette autre défaite gênante, Price a surpris avec sa réplique.

« J’ai eu beaucoup de plaisir », a-t-il répondu.

Friolet, un journaliste des plus crédibles, l’a ensuite relancé en lui demandant de revenir sur le résultat final.

« Nous avons perdu. Nous avons perdu », a fini par répondre Price.

Toujours adulé par les fans

Le 3 avril dernier, Price surpassa Jacques Plante en disputant un 557e match comme gardien avec le tricolore pour devenir le meneur de l’histoire de l’équipe. Par contre, ce qui marquera cette soirée sera l’ovation qu’il aura reçue par les amateurs cette soirée-là.

«C’était assurément un moment émotif pour moi, je ne m’attendais pas à ce que ce le soit autant. J’avais besoin de cette vidéo et de l’ovation. Je suis très reconnaissant et je l’apprécie beaucoup, a confié Price, encore sous le coup de l’émotion après la rencontre.

«Avec tous les moments difficiles qu’on a connu cette année, de voir la foule se lever comme ça signifie beaucoup pour moi. La réaction des partisans était incroyable.»

Conclusion

Au moment d’écrire ces lignes, le Canadien de Montréal, et Carey Price viennent de terminer leur calendrier préparatoire en vue de la saison 2018-2019. Parions encore que le 31 fera encore couler beaucoup d’encre, et parler les gens pour toutes sortes de raisons. Une certitude demeure: autant dans la victoire que dans la défaite la population CH se trouvera une raison pour critiquer le gardien vedette de l’équipe, mais comme Price l’a si bien fait, et démontré depuis le début de sa carrière il trouvera encore une fois une façon de faire taire, et mentir ces dénigreurs. C’est pour ces raisons que Price fait partit des meilleurs de sa profession, et qu’il se retrouve parmi les plus grands de l’histoire des Canadiens.

Pour terminer pour être gardien numéro 1 à Montréal, il faut porter un masque de fer!

Mots clés: ,