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«Tanker» pour avoir le plus haut choix possible: une si bonne chose?


Par Guillaume Arcand

Dans le sport professionnel, beaucoup d’équipes ont recours au fameux «tanking», une expression qui définit la décision d’une équipe de finir le plus bas possible afin d’avoir le choix le plus élevé lors du repêchage suivant. Étant une stratégie autant approuvé que remise en question, cette technique a son lot d’inconvénients.

 

Quelques petits avantages… 

Chaque fois qu’on parle de «tanking», il y a toujours un débat ouvert à ce sujet. Les personnes qui défendent ce genre de technique disent que plus une équipe descend dans le classement général, moins la formation peut tomber en terme de rang lors du repêchage. Toute personne affirmant ceci a raison, car c’est un fait. Dans la LNH et la NBA, le classement du repêchage est déterminé par une loterie qui détermine qui sera les 3 premières équipes à parler lors des encans annuels, le reste du classement étant déterminé par le classement général parmi les équipes qui n’ont pas monté dans le top 3.

Dans ce genre de loterie, toute équipe participante, c’est-à-dire celles qui n’ont pas pris part aux séries, une équipe ne peut pas tomber de plus de 3 échelons. Ce qui veut dire que dans la LNH tout comme dans la NBA, une formation a un certain avantage de «tanker», considérant le fait qu’elle ne peut tomber plus bas qu’une certaine position.

Ce n’est pas tout. Dans la NFL, le repêchage est carrément déterminé par le classement inversé. On peut donc voir que le tanking peut représenter un certain avantage ici.

 

«Tanker» n’est pas nécessairement un remède

Est-ce que «tanker» est vraiment une bonne idée? C’est bien beau avoir un choix bien placé lors de plusieurs repêchages, mais ça ne garantit pas qu’on peut mettre la mettre sur un joueur d’impact avec ces choix élevés. Aucune équipe n’est à l’abri des fiascos lors du repêchage. Aucune!

Lorsqu’on refait le classement des meilleurs joueurs provenant d’un même repêchage après plusieurs années, jamais un classement a été tout à fait identique à l’ordre des joueurs repêchés. «Tanker» peut représenter une bonne alternative, mais bien repêcher, c’est une autre solution. Le ou les joueurs qui peuvent faire la différence dans une franchise ne sont pas toujours choisi dans les 5 premiers. Il faut aussi savoir que la loterie peut aussi jouer des tours, alors qu’on a vu des équipes qui n’ont pas terminé dans les 10 dernières équipes avoir la chance de repêcher dans le top 3 lors des 2 derniers encans de la LNH.

Prenons par exemple les Oilers d’Edmonton. Ils ont passé des années à être dans le fond de la LNH et à encaisser les critiques et les moqueries. Aujourd’hui, ils sont à peine sortis du trou. C’est vrai, ils étaient à une victoire de la finale de l’Ouest il y a 2 ans, mais si la formation albertaine n’avait pas eu la chance de gagner la fameuse loterie Connor McDavid, les Oilers seraient dans une situation encore plus précaire aujourd’hui.

Les Suns de Phoenix dans la NBA sont aussi un autre exemple qui démontre que le «tanking» n’égale pas toujours au succès. Les Suns n’ont pas pris part aux séries éliminatoires depuis 2010 et cette année, alors qu’ils ont présentement une fiche de 4-22, devrait être la 4ème année consécutive où la formation du désert ne franchit pas la barre des 25 victoires (82 matchs se jouent dans la NBA chaque année).

Ce n’est pas comme s’ils avaient aidé leur cause lors des derniers repêchages. En 2013, 2016 et 2017, les Suns avaient la chance de parler au 5ème rang ainsi que 2 fois au 4ème rang. Lors de ces années, des joueurs de la trempe de Giannis Antetokounmpo, Steven Adams, Rudy Gobert, CJ McCollum, Jamal Murray, Buddy Hield, Domantas Sabonis, De’Aaron Fox, Lauri Markannen, Dennis Smith Jr, John Collins ainsi que Donavan Mitchell étaient disponibles. La formation orange et mauve a tourné le dos à tous ces jeunes talents pour mettre la main sur Alex Len (2013), Dragan Bender (2016) et Josh Jackson Jr (2017)

Alors que Len a été libéré l’été dernier, Bender et Jackson Jr tire de la patte. Ça prouve que le «tanking» peut être bénéfique… si les bonnes décisions sont prises.

 

Souvent, les dirigeants et les partisans de leur équipe favorite demandent littéralement aux joueurs de faire exprès de perdre afin de récupérer le meilleur choix possible. On a pu voir non-seulement que «tanker» peut parfois servir à rien, mais aussi, une défaite, même lorsqu’on sait qu’on n’a aucune chance de faire les séries, ne fait jamais bien au moral.

Lorsqu’une formation est dans les dernières équipes au classement, le potentiel de victoire de cette même formation n’est pas très élevé. Au lieu de demander à une équipe déjà faible de perdre, laissez les joueurs jouer. S’ils gagnent quelques matchs, ils s’éloigneront peut-être d’un bon choix, mais au moins, dans ces victoires, on peut voir de belles choses de la part des joueurs et voir l’équipe en général s’améliorer.

Dans un moment de la saison où c’est peine perdu, il est mieux que les dirigeants de l’équipe décide de donner plus de minutes aux jeunes joueurs et essayer de nouvelles combinaisons. En faisant cela, il y a déjà plus d’améliorations que de faire exprès de perdre pour un choix qui pourrait virer en déception… sans oublier que la loterie peut aussi jouer des tours.

 

“Tanker fait gagner des championnats”

Les derniers champions de la Coupe Stanley avaient tous, pour la plupart, au moins 2 joueurs qui ont été repêchés dans le top 5 auparavant. C’est un fait. Cependant, ces équipes qui ont réussi l’exploit ont aussi prises de bonnes décisions lors du 1er juillet, lors des repêchages et lors des moments lorsqu’ils devaient conclure des transactions. Ces choix élevés sont l’une des causes pourquoi ces équipes ont pu parader avec la Coupe Stanley, mais ce n’est pas l’unique cause de leurs succès.

Aussi, les Warriors de Golden State ont réussi à construire une équipe championne sans avoir nécessairement de choix très élevés. Ils ont bâti leur équipe principalement en repêchant Stephen Curry (7) en 2009, Klay Thompson (11) en 2011 ainsi que Draymond Green (35) et Harrison Barnes (7) en 2012.

Barnes n’est plus un membre au moment où on se parle, mais il fait très bien avec les Mavericks de Dallas, et serait une pièce importante aux succès des Warriors aujourd’hui si ce n’était pas de l’arrivée de Kevin Durant. Les Warriors ont bel et bien bâti leur équipe avec des choix qui étaient dans la loterie, mais, s’ils sont une aussi bonne équipe aujourd’hui, c’est parce que l’organisation a fait ses devoirs et a su prendre les bonnes décisions, pas seulement car ils ont eu la chance parler dans le top 15 plusieurs fois.

 

En bout de ligne, «tanker» peut être un remède, comme il pourrait être une perte de temps à finir dans les bas fonds pendant plusieurs années. De tout façon, le «tanking» peut être une solution… si les bonnes décisions sont prises.

Crédit photo: Eye on Isles

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