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Pour en finir une fois pour toutes avec le fameux débat sur le nombre de joueurs québécois avec les Canadiens


Par Daniel Vanier

Il y a certains débats qui reviennent constamment dans les discussions portant sur le hockey. Plus particulièrement dans celles portants sur le Canadien de Montréal.

Un de ces sempiternels débats est le nombre de joueurs québécois avec les Canadiens. Les gens qui se plaignent constamment sur le fait que la formation montréalaise n’en compte pas suffisamment disent que c’est dû au fait qu’ils ne font pas assez d’efforts pour en obtenir plus. Est-ce véridique ? C’est ce que nous verrons en détail dans ce dossier.

Le repêchage

Le premier argument qui revient souvent est que le Canadien ignore constamment les joueurs québécois au repêchage et que sinon, les partisans du CH pourraient applaudir un joueur-vedette francophone dans l’uniforme Bleu-Blanc-Rouge. Cet argument est faux.
Simon «Snake» Boisvert disait que depuis 2006 le CH n’a pas ignoré de superstar québécoises en 1re ronde. En 2006, le CH avait commis l’erreur monumentale de ne pas choisir Claude Giroux :

Le Canadien a tout de même repêché 9 joueurs québécois en 1re ronde depuis 1976. Le résultat fut amèrement décevant :

En 2006, le Canadien avait choisi le défenseur David Fischer à la place de Claude Giroux. Une erreur catastrophique en effet. Cependant, depuis 2006 il est vrai qu’il ne l’a pas répétée. Pour le prouver, nous avons explorer tous les repêchages entre 2006 et 2019.

De 2007 à 2010.

En 2007 Trevor Timmins et le CH ont connu un repêchage magnifique. Ils ont repêché le défenseur Ryan McDonagh (8e) et l’ailier gauche Max Pacioretty (22e) en première ronde. Les gens étaient toutefois furieux que le Canadien de Montréal eût choisi ces deux Américains à la place d’Angelo Esposito ou David Perron. Esposito avait été repêché au 20e rang par les Penguins de Pittsburgh. Il n’aura joué aucun match dans la LNH alors que McDonagh est devenu un excellent défenseur pouvant évoluer sur la première paire. Il a joué jusqu’ici 612 matchs dans la LNH obtenant 287 points. C’est malheureux que ce ne fut pas avec Montréal, mais bon, ça c’est une autre histoire. McDonagh fut donc un bien meilleur choix.

C’est plus serré entre Max Pacioretty et David Perron. Pacio a obtenu 488 points dont 248 buts en 692 parties. De son côté, Perron a obtenu 490 points, mais en 779 matchs. On peut dire que dans ce cas-là aussi, Montréal a fait le bon choix, même si les 2 joueurs ont obtenu une belle carrière jusqu’ici.

En 2e ronde le même scénario se produit. Le CH choisit le défenseur P.K. Subban. Les gens sont encore outrés, car il y avait l’ailier Kevin Veilleux de disponible. Veilleux fut finalement choisi par Pittsburgh (décidément !) 8 rangs plus tard et n’a joué aucun match dans la LNH, alors que Subban a obtenu 408 points en 645 parties. Ce fut donc un excellent choix du Canadien.

En 2008, le CH n’avait pas de choix de première ronde, mais il l’avait échangé pour obtenir un joueur québécois. En effet, il avait acquis l’ailier gauche Alex Tanguay en retour de ce premier choix de 2008.
En 2e ronde il sélectionne un autre américain avec son choix de 2e ronde (56e au total), Danny Kristo. Il n’y avait pas de francophones qui ont été repêchés en 2e ronde après la sélection de Kristo.

Au repêchage de 2009, le CH possède le 18e choix et décide de faire plaisir à ses partisans puisque le repêchage se déroule à Montréal. Il sélectionne Louis Leblanc. Ce fut malheureusement un mauvais choix.

En 2010 le Canadien sélectionne le défenseur Jared Tinordi au 22e échelon. Aucun francophone n’a été sélectionné par la suite en première ronde cette année-là. Cependant en 2e ronde il y a eu Jerome Leduc et Louis-Marc Aubry qui ont été choisis, mais ils n’ont disputé aucun match dans la grande ligue. Il y a eu toujours au cours de cette 2e ronde, Michael Bournival et Michael Chaput qui ont aussi été repêché. Ces deux joueurs se sont plus tard retrouvés dans l’uniforme tricolore par la voie de transactions.

De 2011 à 2014

Lors de l’encan de 2011 le CH possède le 17e choix. Ce choix sera trop loin pour sélectionner Jonathan Huberdeau. Il opte alors pour le défenseur Nathan Beaulieu. Cependant, il aurait pu choisir Phillip Danault. Danault aurait été un meilleur choix que Beaulieu. Le CH a réparé son erreur en l’obtenant 5 ans plus tard lors d’une transaction qui s’est avérée un véritable vol de la part de Marc Bergevin. Le CH n’avait pas de choix de 2e ronde en 2011.

Vient maintenant le repêchage 2012. Le CH est bien positionné avec le 3e choix au total. Il jette son dévolu sur Alex Galchenyuk. Le franco-manitobain Derrick Pouliot est choisi au 8e rang par Pittsburgh alors que Stefan Matteau qui est né aux États-Unis, mais parlait aussi français est choisi au 29e rang par les Devils. Galchenyuk s’avère un meilleur choix que ces deux joueurs de toute façon. En 2e ronde les CH choisit le suédois Sebastian Collberg avec le 33e choix. Il aurait pu prendre Raphaël Bussières qui fut choisi par le Wild au 46e rang, Dillon Fournier (choix des Blackhawks 48e au total) ou encore Alexandre Mallet qui fut choisi par les Canucks au 57e échelon. De toute façon, aucun de ces 3 joueurs n’a patiné sur les glaces de la LNH.

En 2013 le CH avait le 25e choix. C’est donc trop loin pour choisir Jonathan Drouin (3e par le Lightning) ou encore Samuel Morin (8e par les Flyers).Il choisit Michael McCarron. En 2e ronde il opte pour le gardien francophone Zachary Fucale. Il y avait aussi le centre Laurent Dauphin qui était disponible. Ce dernier n’a pas encore réussi à s’établir avec les Coyotes.

Nous voici en 2014. Le Canadien possède le 26e choix au total et jette son dévolu sur le russe Nikita Scherbak. Le Canadien ne possédait pas de choix de 2e ronde. De toute façon un seul québécois fut repêché cette année-là au cours des 3 premières rondes. Il s’agit de l’ailier droit Nicolas Aube-Kubel qui fut choisi en 2e ronde (48e au total) par Les Flyers de Philadelphie. Il a disputé 9 matchs dans la LNH en 2018-19. Il n’a pas obtenu aucun point et terminé avec un différentiel de +1.

De 2015 à 2019

Voilà maintenant l’année 2015. Le Tricolore possède encore une fois le 26e choix. Il est donc positionné trop loin pour sélectionner l’excellent Thomas Chabot qui fut le choix des Sénateurs au 18e rang. Le Canadien choisit donc un autre défenseur. Son choix est Noah Juulsen. Ce choix fait grincer des dents ses partisans, car 2 rangs plus tard les Islanders optent pour l’ailier gauche Anthony Beauvillier. Jusqu’ici, Beauvillier est un meilleur choix que Juulsen avec ses 40 buts et 48 passes pour 88 points en 218 matchs. Toutefois, Juulsen a été victime de blessures et il peut encore se développer. Le Canadien ne possédait pas de choix de 2e ronde. Il ne pouvait donc pas sélectionner les Jeremy Roy (31 par San Jose), Gabriel Gagné (36e par Ottawa), Nicolas Meloche(40e par Colorado), Daniel Sprong (46e par Pittsburgh) et Jeremy Lauzon (56e par Boston).

Passons maintenant au repêchage de 2016. Le Canadien est bien positionné avec le 9e choix au total. Des rumeurs ont couru sur le fait que Marc Bergevin a tenté d’obtenir la 4e sélection qui était détenue par les Oilers. La cible de Marc Bergevin était le centre Pierre-Luc Dubois. Cependant, les Blue Jackets sont venus mêler les cartes en le choisissant alors que tous les spécialistes croyaient qu’ils allaient choisir Jesse Puljujarvi. Marc Bergevin laisse donc tomber et les Oilers sélectionneront Puljujarvi. Montréal va alors choisir le défenseur Mikhail Sergachev. Un seul Québécois fut choisi en 1ere ronde. Il s’agit de Julien Gauthier (21e par la Caroline). Le Canadien possédait 2 choix de 2e ronde cette année-là (39e et 45), mais il les a envoyés à Chicago en retour de l’énergique Andrew Shaw. Les partisans étaient outrés, car ils espéraient voir Montréal sélectionner Pascal Laberge et Samuel Girard. Laberge est finalement parti au 36e rang chez les Flyers, mais le Canadien aurait pu effectivement sélectionner Girard s’il avait conservé ce 45e choix, car le défenseur fut sélectionné au 47e rang par les Predators.

Nous voici maintenant arrivés en 2017. Montréal possède le 25e choix et choisit Ryan Poehling. Le seul québécois sélectionné en 1ere ronde fut le défenseur Pierre-Olivier Joseph choisi 2 échelons plus tôt par les Coyotes de l’Arizona. Le Canadien aurait pu aussi choisir le défenseur Nicolas Hague qui fut sélectionné en début de 2e ronde (34e )par Vegas. Cependant, Poehling semble un bon choix.

En 2e ronde le CH possède deux choix (56e et 58e) Les Ducks choisissent Maxime Comtois au 50e rang. Les fans montréalais espèrent donc voir leur équipe sélectionner Antoine Morand avec un de ses deux choix, mais leur choix fut le défenseur Josh Brook et l’ailier Joni Ikonen. C’est donc les Ducks qui choisissent Morand pour réunir ainsi les deux grands amis.

C’est maintenant le temps de passer au repêchage de 2018. Le Canadien est vraiment bien positionné avec la 3e sélection au total. Le choix fut Jesperi Kotkaniemi. Les gens crient leur désarroi, car ils espéraient plutôt, non pas un Québécois, mais un produit de la LHJMQ en Filip Zadina. Cependant, celui qui est surnommé KKs’est avéré un très bon choix et est rapidement devenu la nouvelle coqueluche des partisans du Canadien. Un seul Québécois fut sélectionné en première ronde cette année-là. Il s’agit du défenseur Nicolas Beaudin qui fut le choix des Blackhawks au 27e rang.

En 2e ronde le Canadien a préféré le défenseur Alexander Romanov (38e) à Benoît-Olivier Groulx ( Anaheim, encore eux , 54e) et le centre Jacob Olofsson (56e) à l’ailier Gabriel Fortier( Tampa Bay, 58e) ou au gardien Olivier Rodrigue ( Edmonton. 62e).

C’est le dernier repêchage de 2019 qui a probablement relancé cet éternel débat. Il y avait plusieurs joueurs québécois disponibles dans les 2 premières rondes et le Canadien n’en a repêché aucun. Le Canadien avait le 15e choix au total et il a eu la surprise de voir que l’excellent marqueur Cole Caufield était encore disponible. Le CH n’a pas hésité et l’a repêché au détriment des Samuel Poulin (21e par Pittsburgh), Jakob Pelletier (25e par Calgary) et Raphaël Lavoie qui a glissé en 2e ronde ( 38e par Edmonton).

En 2e ronde, le CH a jeté son dévolu sur le défenseur américain Jayden Struble au lieu du défenseur de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Samuel Bolduc.

L’avenir dira si le CH a vu juste, mais pour le moment, Cole Caufield semble déjà un excellent choix. Un marqueur naturel aussi doué que Cole Caufield est une denrée rare et s’il parvient à bien se développer, ce sera tout un atout pour la formation montréalaise.

Le marché des transactions

Le commentateur de TVA sports (pour ne pas dire le Don Cherry québécois) Michel Bergeron, fait partie de ceux qui ramènent souvent le sujet des joueurs québécois avec le CH. Le 11 juillet dernier, il revenait à la charge en se demandant pourquoi le Canadien n’allait pas chercher un joueur québécois par le biais d’une transaction :

Bergeron mentionnait les noms de Anthony Mantha et de Jonathan Huberdeau. Il est vrai que si Marc Bergevin parvenait à mettre la main sur un de ces deux joueurs, ce serait un gros plus pour le CH. Cependant, il n’est pas dit que ces joueurs sont présentement disponibles. Lorsque Bergevin a la chance d’acquérir un joueur québécois, il le fait. On n’a qu’à penser aux Phillip Danault, Jonathan Drouin, Michael Chaput, Nicolas Deslauriers et plusieurs autres. On peut être certains qu’il va continuer de le faire encore.

Les québécois sont rares dans la LNH

Autre facteur qu’il faut tenir compte est le fait que le nombre de joueurs québécois dans la LNH a grandement diminué. Simon Servant faisait part le 15 juillet 2019, que seulement 36 Québécois ont patiné sur les glaces de la LNH en 2018-2019. 5 de ceux-ci jouaient pour le CH : Jonathan Drouin, Phillip Danault, Nicolas Deslauriers, Charles Hudon et Michael Chaput. Cela classait le CH au premier rang de la LNH :

La baisse de joueurs québécois est due à plusieurs facteurs. Le 7e match vous en avait fait part au cours d’une entrevue avec un ancien dépisteur de la LNH, Michel Georges. Vous pouvez lire l’article ici :

L’avenir du hockey au Québec

Posséder beaucoup de joueurs québécois n’est pas toujours un gage de succès

De toute façon, même si les partisans du Canadien aimeraient voir plus de joueurs québécois porter l’uniforme de l’équipe, ce n’est pas nécessairement un gage de succès lorsque c’est le cas. En 2000-2001, si on tient compte de Francis Bouillon et Éric Chouinard qui possédaient les deux nationalités (canadienne et américaine), pas moins de 21 Québécois ont revêtu le bleu-Blanc- Rouge. Le Canadien avait cette année-là connu une des pires saisons de son histoire. Il avait terminé dernier dans la division Nord-Est et raté les séries éliminatoires pour une 3e saison consécutive avec une fiche de 28 victoires, 40 défaites, 8 matchs nuls et 6 défaites en prolongation.
Voici la formation de l’équipe :

Notons que les deux saisons précédentes qui ont aussi vu le CH rater les séries éliminatoires, l’équipe allignait 14 (en 1998-99) et 11 (en 1999-2000) joueurs québécois. ‘

Le bilan

Si nous tenons compte des faits apportés dans ce dossier, nous remarquons les détails suivants:

– En 13 ans de repêchage, le Canadien a ignoré seulement 4 joueurs québécois qui sont Phillip Danault, Anthony Beauvillier, Samuel Girard et Antoine Morand. Nous incluons Girard dans le lot, car il aurait pu choisir de conserver son choix pour tenter de le sélectionner au lieu de l’échanger. Il a réparé son erreur depuis avec Danault. Pour ce qui est des 3 autres, il est top tôt pour dire s’ils deviendront des joueurs vedettes dans la LNH et si le CH s’est vraiment trompé.

– Le Canadien a effectué plusieurs transactions pour aller chercher des joueurs québécois.

-Les joueurs québécois sont à la baisse. Malgré tout, le Canadien était l’équipe qui en comptait le plus la saison dernière avec 5.

Donc dire que le Canadien ne fait pas suffisamment d’efforts pour insérer des joueurs québécois, ou du moins francophones (Claude Giroux par exemple est franco-ontarien) est donc faux.

De plus, c’est bien d’avoir des joueurs québécois dans l’équipe, mais encore faut-il qu’ils aient suffisamment de talent pour aider l’équipe à gagner. Nous avons pu voir qu’à la fin des années 90 et au début des années 2000 que ce n’était pas le cas pour le Canadien.

Bref, le hockey a beaucoup changé. Il faudrait donc cesser de tenir ce discours qui devient de plus en plus rétrograde. Le hockey de la LNH est de plus en plus international et les Québécois de moins en moins nombreux au sein du circuit.

La nationalité du joueur n’est pas importante. Pas plus que celle des entraîneurs. Il faut simplement avoir des gens de talent et qui veulent aider l’équipe à gagner.

Il serait donc, pour le bien de tous, qu’on en finisse une fois pour toutes avec ce débat qui n’a plus du tout sa raison d’être.

Crédit photo : Habs et LNH

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