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Ces héros oubliés : Retour sur la Coupe Stanley de 1986


Par Daniel Vanier

La Coupe Stanley est très souvent mentionnée comme le trophée le plus difficile a remporté parmi tous les sports professionnels. C’est un long périple pour lequel il faut bien performer tout d’abord au cours de la saison régulière de 82 parties, dans une ligue qui possède de plus en plus une grande parité et où participer aux séries éliminatoires est beaucoup moins facile qu’auparavant. Par la suite,une fois qu’on a réussi à accéder aux séries, il faut remporter 3 séries 4 de 7 avant de remporter 4 matchs dans la grande finale. Voilà 16 victoires qui ne sont jamais aisées à récolter.

Ces héros de l’ombre

Pour ce faire, il faut des joueurs de talent, mais aussi des joueurs un peu moins talentueux, mais qui vont apporter un petit quelque chose à une formation qui va, au final, faire la différence entre une victoire et une défaite pour l’obtention de ce précieux trophée. Il faut aussi un gardien au sommet de sa forme. L’ingrédient le plus important demeure cependant le suivant : un esprit d’équipe cimenté dans le béton. Les Blues de Saint-Louis l’ont prouvé la saison dernière pour réussir à remporter leur première Coupe Stanley après 51 ans et trois tentatives infructueuses. L’équipe du Missouri a eu besoin d’un Jordan Binnington et des Ryan O’Reilly et Vladimir Tarasenko, mais aussi de joueurs moins flamboyants comme Pat Maroon et Zack Sanford.

Les deux dernières coupes du Canadien de Montréal

La plupart des partisans du Canadien vont se rappeler des prouesses de Patrick Roy lors de ces deux conquêtes ainsi que des buts importants de Mats Naslund, Bobby Smith, Claude Lemieux et Chris Chelios en 1986 et d’Éric Desjardins, Kirk Muller Brian Bellows et Vincent Damphousse en 1993. Il y a eu cependant d’autres héros chez le Canadien de Montréal lors de ces deux conquêtes. Bizarrement, ces héros plus méconnus ou qui ont parfois même sombré dans l’oubli n’ont jamais aussi bien performé avec une autre équipe que Montréal par la suite. Nous allons en répertorier 5 pour chacune des deux dernières conquêtes.

1986 l’année des recrues

La saison 1985-86 commençait sur un vent de renouveau pour le Tricolore.Jean Perron, qui possédait alors une seule année d’expérience comme entraineur adjoint dans le circuit, succède à Jacques Lemaire derrière le banc de Montréal. Il annonce rapidement ses couleurs en faisant confiance à huit recrues à l’issue du camp d’entraînement.

Ainsi, Patrick Roy, Brian Skrudland, Mike Lalor et Stéphane Richer, champions de la coupe Calder avec les Canadiens de Sherbrooke la saison précédente dans la Ligue Américaine, amorcent la campagne avec le grand club. Idem pour les jeunes Kjell Dahlin, Sergio Momesso, Shayne Corson et Steve Rooney.Puis 4 autres vont rejoindre l’équipe en fin de saison : Claude Lemieux, David Maley, John Kordic et Randy Bucyk. Ce dernier avait disputé seulement 17 matchs en saison régulière et seulement 2 en séries éliminatoires, il ne put donc graver son nom sur la Coupe Stanley, même chose pour Sergio Momesso et le gardien Steve Penney. Penney avait endossé l’uniforme pour; 30 matchs et en avait joué 18. Momesso avait disputé 24 matchs de la saison régulière. Les 2 joueurs avaient dû rater le reste de la saison en raison de blessures et ils n’ont pas reçu l’ exemption leur permettant d’inscrire leur nom sur la Coupe Stanley. Un total de 12 recrues ont donc endossé l’uniforme du CH en 1985-86.

Le gardien Patrick Roy fut la grande vedette parmi les recrues cette année-là. Brian Skrudland et évidemment Claude Lemieux ont eux aussi une importance primordiale lors de ces séries éliminatoires.

Les vétérans ont eu aussi leur mot à dire

Les Canadiens possédaient tout de même de bons vétérans qui ont eu aussi un grand mot à dire. L’équipe était menée par leur capitaine Bob Gainey. Le légendaire numéro 23 fut bien appuyé par les Larry Robinson , Chris Chelios, Mats Naslund,Bobby Smith, Guy Carbonneau et Rick Green entre autres. Mats Naslund avait connu une saison de rêve avec 110 points et bon pour le 8e rang des compteurs de la LNH en saison régulière. Il continua son bon boulot lors des séries en étant le meilleur pointeur du CH avec 19 points. Bobby Smith était au 3e rang avec 15 points. Claude Lemieux séparait les 2 vétérans avec 16 points.

Un record pour Chris Nilan

Il ne faut pas oublier un autre vétéran qui a eu son grand mot à dire à sa façon bien particulière. Il s’agit de Chris Nilan et ses 141 minutes de pénalité en seulement 18 matchs de séries éliminatoires! C’est le record du plus grand nombre de minutes de pénalité en séries éliminatoires dans la LNH. Le justicier du CH avait aussi obtenu un but et 2 passes. Durant la saison régulière, Nilan avait posté 19 buts et 15 passes pour 34 points accompagnés de 274 minutes de pénalité en 72 parties.

Voici un petit vidéo des célébrations de la Coupe dans lequel on voit à la fin Chris Nilan qui fait justement entonner le « Na na na hey hey good bye» à la foule

La victoire du Canadien : une grande surprise

Bien que les Canadiens de Montréal avaient une bonne équipe et qu’ils ont connu une bonne saison, peu de gens les voyaient comme de sérieux prétendants à la Coupe Stanley. La preuve leur côte pour une victoire de la coupe était de 800 contre 1 avant le début de la saison :

Il est vrai que remporter une Coupe Stanley avec un entraîneur recrue et 12 joueurs recrues relève de l’exploit. Ce n’est donc pas pour rien que cette coupe fut surnommée La coupe de l’impossible dans un documentaire.

Les héros oubliés de 1986

Le Canadien a causé une énorme surprise grâce surtout à un excellent esprit d’équipe. Tous ont participé à cette conquête, à partir du joueur vedette du premier trio jusqu’au joueur d’énergie utilisé sur le 4e trio. Voici quelques-uns de ces héros de l’ombre.

Le fameux esprit d’équipe fut cependant long à venir pour le Canadien cette année-là…Bizarrement ce n’est pas l’entraîneur qui l’a instauré, mais plutôt les 2 vétérans qu’étaient Bob Gainey et Larry Robinson. Auparavant, les vétérans ne faisaient pas confiance à leur nouvel entraîneur, Jean Perron et les frictions entre vétéran et recrues étaient nombreuses. Chris Nilan en est même venu aux coups avec Stéphane Richer. Nilan en avait assez de la nonchalance du joueur recrue et lui a bien fait comprendre qu’il ne pouvait plus seulement se fier sur son talent.Toutefois, une fois tout le monde dans le même bateau, plus personne n’a voulu quitter le navire et cette équipe parvint à réussir l’impossible.

Gaston Gingras


Un ancien choix de 2e ronde en 1979 (27e au total) par le Canadien, le défenseur n’était pas une recrue cette année-là. En fait, en 1985-86 il en était même à son 2e séjour avec le Tricolore.Gingras avait connu de bonnes séries éliminatoires lorsqu’il fut utilisé par l’entraîneur Jean Perron avec 2 buts et 3 passes en 11 parties. L’ancien numéro 29 avait compté le premier but lors du 5e match contre les Flames qui fut le match qui permit de remporter la 23e coupe de l’histoire du Tricolore. Le défenseur natif du Témiscamingue avait été échangé aux Maple Leafs de Toronto contre un choix conditionnel après qu’il n’avait pu s’établir comme un défenseur régulier à Montréal qui était alors une puissance à la défensive avec les Larry Robinson, Chris Chelios Rick Green et Craig Ludwig. Le Canadien avait décidé de le rapatrier le 14 février 1985 contre l’ailier gauche Larry Landon qui n’a disputé que 9 matchs dans la LNH. Un rapide patineur avec un très bon flair offensif, Gingras avait alors bien fait avec 26 points en 34 matchs (8 buts et 18 passes ) il avait ensuite obtenu 45 points en 66 matchs la saison suivante. Il fut tout de même échangé aux Blues de Saint-Louis après 2 parties avec le Canadien en 1987-88. Il n’a pas fait long feu à Saint-Louis jouant un total de 120 parties en 2 saisons avant d’aller jouer en Suisse puis en Italie. Il fit un retour dans l’organisation du Canadien en disputant 2 saisons avec les Canadiens de Fredericton en 1994-95, mais ne rejoua jamais dans la LNH.
Bref, jamais plus Gaston Gingras ne connut beaucoup de succès après la saison suivant la conquête de la Coupe Stanley par le Canadien

Kjell Dahlin

Un choix de 4e ronde en 1981 (82e au total)du Canadien, Dahlin avait connu une très bonne première saison en 1985-86 avec 32 buts et 39 passes pour 71 points en 77 matchs. Il avait connu des séries éliminatoires plus difficiles, mais il a contribué quand même avec 2 buts et 3 passes en 16 parties.
L’ancien numéro 20 joua 41 et 48 parties les deux saisons suivante avant de retourner en Suède où il va disputer 6 saisons avec le BK Karlstad de Farjestads.on ne le revit plus jamais par la suite sur une patinoire de la LNH.

David Maley

Un choix de 2e ronde du CH (33e au total) en 1982, Maley fut lui aussi une des nombreuses recrues du Canadien cette année-là. Il avait seulement disputé 3 matchs lors de la saison 1985-86. En séries éliminatoires, il fut utilisé pendant seulement 7 parties, mais il a obtenu 1 but et 3 passes pendant cette courte utilisation. Son but fut obtenu lors du 2e match de la série finale , alors qu’une de ses mentions d’aide fut obtenue lors du 5e match de la Coupe Stanley sur le superbe but de Rick Green, qui fut le 3e du match du Tricolore. Il a même évolué sur le premier trio et sur la 2e vague d’avantage numérique lors de la série finale. Il fut ensuite échangé le 13 juin 1987 aux Devils du New Jersey pour un choix de 3e ronde au repêchage de 1987. Le Canadien repêcha le défenseur Mathieu Schneider avec ce choix. La transaction de Maley fut donc très bonne pour Montréal puisque Schneider devint un défenseur très important pour le Canadien alors que David Maley ne parvient jamais à inscrire plus de 8 buts en une saison dans la LNH.Il disputa tout de même 466 matchs dans la LNH avec les Canadiens, Les Devils, les Oilers, les Sharks et les Islanders. Il a obtenu 124 points au cours de sa carrière. Il est aujourd’hui un analyste à la télévision e à la radio pour les Sharks de San Jose.

John Kordic

L’ancien dur à cuire du Canadien, John Kordic, a joué 18 matchs lors de ces fameuses séries. L’ancien choix de 4e ronde (78e au total) du Canadien en 1983 n’avait obtenu aucun point lors de ses 18 matchs, mais il avait distribué de nombreuses mises en échec et pris la défense de ses coéquipiers avec Chris Nilan, comme le prouvent ses 53 minutes de pénalité. Kordic n’est probablement pas sombré dans l’oubli, même s’il n’a disputé que 115 parties éparpillées sur 4 saisons avec Montréal. Ses exploits pugilistiques ont marqué les partisans montréalais.C’est merveilleux de le voir aussi souriant lors de cette conquête. Cela fait toutefois un pincement au coeur lorsqu’on sait la triste fin qu’il a connu en trouvant la mort dans une chambre de motel en aout 1992. Il était âgé de seulement 27 ans. Un livre et un documentaire ont ensuite paru sur la vie de cet homme tourmenté. John Kordic fut échangé par le Canadien de Montréal en compagnie d’un choix de 6e ronde du repêchage de 1989 aux Maple Leafs de Toronto en retour du rapide ailier Russ Courtnall. Ce fut une excellente transaction pour le Canadien. Kordik joua 2 saisons complètes avec les Leafs avant d’être échangé après 3 matchs en 1990-91 aux Capitals. Il ne joua que 7 parties avec Washington cette saison-là accumulant quand même 101 minutes de pénalité . La saison suivante il se retrouva avec les Nordiques de Québec et accumula 115 minutes de pénalité en 18 parties.Puis ce fut cette triste fin.

Voici la fin de la 3e période et la conquête de la Coupe. Admirez le sourire heureux de John Kordic lors de ces célébrations. C’est vraiment touchant lorsqu’on sait sa triste histoire :

Serge Boisvert

Le natif de Drummondville n’a jamais été repêché par une équipe de la Ligue Nationale. Il a signé un contrat comme agent libre avec les Maple Leafs de Toronto le 8 octobre 1980. Il fut échangé aux Oilers avec lesquels il ne joua aucun match. Boisvert évoluait surtout dans la Ligue Américaine avant de signer un contrat avec le Canadien le 8 février 1985. L’ancien numéro 12 va jouer 14 parties avec Montréal cette saison-là accumulant 4 points. En 1985-86, Boisvert va jouer 9 autres parties avec le CH accumulant la même fiche de 2 buts et 2 passes. Il va disputer 8 matchs lors des séries éliminatoires et va pouvoir réaliser le rêve de tout joueur de hockey en gravant son nom sur la Coupe. Les critères pour graver son nom sur la Coupe Stanley sont les suivants :

Premier critère
Avoir joué au moins 41 parties et plus dans l’uniforme de l’équipe gagnante en saison régulière.

Deuxième critère
Avoir participé à au moins une seule rencontre lors de la finale de la coupe Stanley.

Grâce au 2e critère, Serge Boisvert va avoir le privilège d’inscrire son nom sur le précieux trophée. Bien qu’utilisé sporadiquement, Boisvert a tout de même bien joué lors de son utilisation. Il a eu la chance d’être au bon endroit au bon moment.

La bague de 1986

Voici la bague qu’ont reçu les membres du Canadien de Montréal en 1986 :

On la voit de plus près ici , nous pouvons voir les équipes que le tricolore avait battu :

En terminant, voici une vidéo racontant ce beau périple vers la Coupe Stanley de 1986 par le Canadien de Montréal:

Voici qui termine ce texte commémoratif sur la conquête de la Coupe Stanley du Canadien de 1986. Nous espérons que ceci vous a rappelé de bons souvenirs, ou, si vous êtes un peu plus jeune que l’auteur de ces lignes, que cela vous a fait découvrir quelques héros du passé. Demeurez au poste pour celui relatant la conquête de la Coupe Stanley de 1993 qui va paraître sous peu !

Crédit photo : Habs Eyes On the Prize, Hockey-Reference, La vie est une puck, DennisKane.com, Notre histoire Canadiens.com, Le Journal de Québec et Pinterest (2x)

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