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Voici pourquoi Craig Anderson mérite plus de respect


Par Guillaume Arcand

Lorsqu’on pense au gardien Craig Anderson, les mots qui nous viennent le plus rapidement à l’esprit sont souvent ”inconstance” et ”vieillissant”. Toutefois, malgré ce qu’on pense de lui présentement, ainsi que toutes les choses qui ont été dites à son sujet, on lui doit énormément de respect pour l’ensemble de sa carrière, que ce soit sur la glace ou ailleurs.

Raison 1: Un gardien efficace durant sa carrière

Que ce soit comme partant ou comme adjoint, durant l’ensemble de sa carrière, lorsque les conditions étaient favorables, le gardien de 6’2 a fait un travail digne d’un gardien numéro 1. Il a été un adjoint de luxe en Floride, pour ensuite permettre à l’Avalanche de participer aux séries alors que la franchise se cherchait à son arrivée.

Avec les Sénateurs, l’ancien du Storm de Guelph a eu pas moins de 10 adjoints. Il a connu de bonnes saisons qui sont passées un peu sous le radar. Il a aussi eu à travailler avec de nombreuses remises en question à son sujet. Lorsqu’Ottawa participait aux séries (2011-12, 2012-13, 2014-15, 2016-17), il avait toujours des statistiques acceptables, et faisait, en quelque sorte, partie de l’équation dans les succès de son équipe malgré le fait qu’on l’a souvent imaginé dans de nombreuses transactions.

Le portier natif de Park Ridge en Illinois a été, lors de ses 10 saisons avec Ottawa, une seule fois sous la barre des ,900, un chiffre assez révélateur considérant le fait qu’Ottawa a souvent eu des équipes peu compétitives depuis l’arrivée du numéro 41.

Aussi, en séries, l’ancien de l’Avalanche, des Panthers et des Blackhawks a toujours fait un travail très honnête, causant de sérieux maux de tête aux offensives adverses. Les partisans du Canadien peuvent témoigner de son succès incontesté en séries en 2013 et en 2015.

Les amateurs et analystes l’ont remis en question et l’ont rejeté de nombreuses fois, mais chaque fois, il savait faire mentir ses nombreux détracteurs. Malgré le fait qu’en 2014-15, la courte lune de miel entre Hammond et les Sénateurs a eu lieu durant la 2e moitié de cette campagne, reléguant Anderson à l’arrière-plan, le vétéran gardien de but ne s’est pas laissé abattre.

Au contraire, lorsqu’Hammond s’est écroulé après sa courte, mais belle histoire, l’actuel portier des Sens n’a pas boudé et a fait le travail pour palier à la situation. En 2015, de nombreux observateurs envisageaient qu’un scénario où Hammond protège la cage de la formation de la capitale fédérale pendant que Craig Anderson fait ses valises vers une autre destination était inévitable.

Touefois, celui qui défend encore le filet chez les Sens malgré toute la reconstruction et les gros noms qui ont quitté la capitale, et qui continue d’effectuer le travail malgré tout, c’est l’actuel numéro 41 de la formation de DJ Smith.

Raison 2: parti de loin

Non seulement Anderson n’a pas eu toute la reconnaissance méritée durant sa carrière qui tire maintenant à sa fin, mais aussi, les choses n’ont pas toujours été faciles pour le portier Américain avant qu’il fasse sa niche dans la grosse ligue. Le membre des Sénateurs d’Ottawa depuis la saison 2010-11 n’a pas eu un parcours bien tracé d’avance comme plusieurs autres gardiens dans le circuit.

Il a été repêché en 3e ronde en 1999 par les Flames de Calgary, mais a dû réintégrer, le repêchage 2 ans plus tard en 2001, car la formation Albertaine ne lui a pas offert de contrat. Le numéro 41 a été sélectionné, pour une 2e fois, par les Blackhawks de Chicago.

Les soucis du vétéran sont loin d’être finis. Lors de ses 6 premières années dans le hockey professionnel, Anderson a régulièrement fait la navette entre la LNH et la AHL, a été soumis au ballotage un bon nombre de fois et a été réclamé 3 fois, en plus d’avoir connu des difficultés au niveau du circuit Bettman.

Les ennuis ont enfin commencé à cesser en 2007, alors qu’il garde les buts pour les Panthers. Il n’a jamais regardé derrière depuis cette saison-là. C’est donc dire que malgré les embuches qui se sont dressées devant le vétéran portier, cela ne l’a pas empêché de faire preuve de caractère, de relever les nombreux défis devant lui et d’avoir connu une carrière hautement respectable.

Raison 3: capacité de mentor sous-estimée

Durant son long parcours dans la grande ligue, celui qui a été repêché 2 fois en 3e ronde a partagé le filet avec une bonne quantitée de gardiens de but, que ce soit comme adjoint ou comme gardien numéro 1. De cette brochette de gardiens de buts, plusieurs étaient des jeunes, qui ont grandi au côté du numéro 41.

On peut vérifier les capacités de mentor d’Anderson en regardant la carrière de certains portiers ayant côtoyer l’actuel porte-couleur des Sénateurs d’Ottawa. Plusieurs de ces noms en ont tiré des effets positifs du fait de côtoyer le même vestiaire que l’actuel porte-couleur des Sénateurs.

Des gardiens comme Robin Lehner et Ben Bishop ont pu exploiter les effets positifs du mentorat d’Anderson et ainsi avoir une carrière décente. On peut reprocher l’organisation ontarienne d’avoir préféré Anderson à ce qui ce qui semble être deux des très bons portiers dans la LNH aujourd’hui, mais d’un autre point de vue, l’erreur paraissait inévitable.

Si, en 2013, c’est Anderson qui avait quitté sous d’autres cieux afin de faire place à Lehner et Bishop, les deux gardiens ne seraient peut-être pas autant sous les projecteurs qu’ils ne le sont en ce moment. Si ces deux joueurs aux grosses jambières ont la reconnaissance de bien des analystes aujourd’hui, c’est, entre autres, grâce aux judicieux conseils de l’actuel gardien des Sénateurs.

Il faut savoir que les deux portiers connaissaient des difficultés lors de leur passage à Ottawa. Grêca au fait qu’ils ont pu profiter des conseils d’un autre homme masqué ayant aussi connu sa part de problèmes et qui a tardé à s’établir, Lehner et Bishop ont pu mettre à profit cette expérience et les conseils obtenus afin de finalement exploiter leur potentiel chez chacun d’eux.

Si Bryan Murray, le DG à l’époque, avait choisi de sacrifier celui qui est un membre de la formation de la capitale canadienne depuis la saison 2010-11, Ottawa aurait dû, par la suite, composer avec deux gardiens inexpérimentés qui n’aurait pas pu se développer correctement, car ils n’auraient pas pu bénéficier des précieux conseils d’un mentor de qualité. Aussi, Ottawa se priverait d’un gardien qui a, à lui seul, prolongé le parcours des Sens lors de leurs 3 dernières présences lors du tournoi printanier et qui aurait allongé les parcours éliminatoires d’une autre équipe pendant que la formation ottavienne aurait sous la main deux gardiens incapables de transporter cette équipe en séries.

L’effet positif que l’actuel protégé de DJ Smith a eu sur les deux anciens gardiens des Sénateurs pourrait être le même que le vétéran aura sur d’autres jeunes gardiens de l’organisation comme Marcus Hogberg et Filip Gustavsson.

Raison 4: une saison 2016-17 lourde en émotion

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Comme on le sait tous, la femme de Craig Anderson, Nicholle, a été diagnostiquée d’un cancer en octobre 2016. Cela aurait pu, avec raison, compromettre sa saison suite à cette nouvelle inattendue et bouleversante.

Aussi incroyable que cela peut paraître , l’époux de Nicholle Anderson a fait preuve d’une résilience hors du commun et a livré probablement sa meilleure saison en carrière malgré la nouvelle choc. Qui aurait cru qu’un gardien, déjà négligé, qui doit composer avec une telle nouvelle et qui doit manquer sa part de matchs afin de prendre soin de sa femme malade, parvient à donner d’aussi bonnes performances sur la glace?

Cette preuve de caractère et de résilience est une excellente raison de plus qui explique pourquoi on doit un respect supplémentaire à l’homme masqué. Parmi les raisons expliquant la dose de respect qu’Anderson mérite, celle où il est parvenu à concilier le support et le travail d’un mari pendant des moments difficiles ainsi que son emploi de gardien de but professionnel est carrément la «cerise sur le sundae».

Je n’ai rien à dire de plus.

En résumé, il y une multitude de raisons, dont plusieurs qui n’ont pas été nommées dans ce texte, démontrant que Craig Anderson mérite une grande dose de reconnaissance et de respect. On peut aussi se rentre compte de la résilience et du beau travail du numéro 41 quand on voit qu’il a survécu aux tempêtes médiatiques et aux ventes de feu effectuées par les Sens lors des dernières saisons. Bref, on se doit de lever notre chapeau à Crag Anderson.

Crédit photo: NHL, Sportsnet, Zimbio, The Goalie Archive, The Glob and Mail

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