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Serge Savard est déjà venu bien près d’obtenir Marcel Dionne


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Par Daniel Vanier

Serge Savard fut un grand joueur dans la Ligue Nationale de Hockey. Après sa carrière de joueur, il devint directeur général et fut aussi excellent dans ce domaine. Plusieurs partisans du Canadien de Montréal le considèrent comme le meilleur directeur général du Tricolore depuis Sam Pollock.

Celui qui était surnommé «le Sénateur» a réussi de nombreuses bonnes transactions au cours de sa carrière comme directeur général. Toutefois, il y en a quelques unes qu’il n’a pas réussi à finaliser et qui auraient pu changer grandement l’histoire de l’équipe. Nous allons vous en relater l’une d’entre elles dans ce texte.

Savard tente d’obtenir Marcel Dionne

Serge Savard a fait ses débuts comme directeur général du Canadien en 1983. Après 2 saisons avec les Jets de Winnipeg, il s’est retiré comme joueur à la fin de la saison 1982-83. Le Canadien de montréal faisait justement de grands changements cet été-là. Suite à l’élimination expéditive de l’équipe le printemps précédent, le président Ronald Corey avait décidé de procéder à un important mouvement de personnel. Le directeur général Irving Grundman, le directeur du recrutement Ronald Caron et l’entraîneur-chef Bob Berry sont remerciés.

Corey ne tarde pas à trouver un successeur pour Grundman. Il choisit Serge Savard. L’ancien numéro 18 du CH devient le premier francophone depuis Jules Dugal à la fin des années 1930 à occuper le poste de directeur général. Savard va alors demander à Bob Berry de retourner derrière le banc de l’équipe, avec Jacques Laperrière et Jacques Lemaire comme adjoint.
Savard tente de commencer sa carrière de directeur général avec un splendide coup d’éclat. Il est à la recherche d’un joueur de centre pour alimenter Guy Lafleur. Savard vise haut, il désire un centre vedette. Il entre donc en contact avec le directeur général des Kings de Los Angeles, George Maguire pour tenter de mettre la main sur Marcel Dionne.

Maguire est prêt à discuter, mais il se montre gourmand. C’est normal,car Marcel Dionne est son meilleur joueur et un des meilleurs compteurs de la LNH depuis un bon moment. Dionne a terminé au 5e rang des pointeurs de la LNH avec 107 points en 1982-83. Le DG des Kings ne demande donc au nouveau directeur général du CH rien de moins que Bob Gainey, Steve Shutt, Craig Ludwig, et Chris Chelios. Savard refuse catégoriquement de céder Chris Chelios et la transaction est finalement avortée :

Les statistiques des joueurs impliqués en 1983-84

Jetons un coup d’oeil sur les statistiques obtenues par les joueurs impliqués dans cette transaction qui serait, sans aucun doute, passé à l’histoire. Nous allons jeter un coup d’oeil aux statistiques obtenues en 1982-93 avant la venue de Serge Savard au poste de directeur général, puis celles de 1983-84.

Bob Gainey

Gainey en était à sa 11e saison dans la LNH en 1983-84. Il fut nommé capitaine du Canadien de Montréal en 1981. La saison précédente il avait obtenu 12 buts et 18 passes. En 1983-84, le numéro 23 du CH avait terminé avec 17 buts et 22 passes en 77 parties. Ces statistiques sont cependant trompeuses. L’apport de Bob Gainey va bien au-delà de sa production offensive. Il excelle pour contrer les meilleurs joueurs adverses et il est considéré comme l’un des meilleurs attaquants défensifs de l’histoire de la LNH en ayant remporté quatre trophées Frank J. Selke remis au meilleur attaquant défensif ce qui est un record dans la LNH. Il était aussi le capitaine de l’équipe et fort probablement un des meilleurs capitaines de l’histoire du Canadien de Montréal. Gainey menait sa formation de façon exemplaire et avec un courage sans bornes.

Steve Shutt

Le prolifique ailier gauche en était à ses derniers milles dans la LNH. En 1982-83, l’ancien numéro 22 avait tout de même inscrit 35 buts. Cependant la saison suivante il n’en comptera que 14. Le Canadien va donc s’en départir au début de la saison suivante et justement l’envoyer aux Kings de Los Angeles pour des considérations futures. Shutt va disputer 59 parties avec les Kings inscrivant 16 buts et 25 passes. Ce sera sa dernière saison, il décide de prendre sa retraite par la suite.

Craig Ludwig

Craig Ludwig, bien qu’il n’était pas un joueur vedette, fut un joueur très utile aux Canadiens de Montréal. En 1982-83 il venait de terminer sa première saison dans la LNH. Il n’avait pas compté un but, mais il avait inscrit 25 mentions d’aide et s’est surtout distingué par son jeu défensif sans failles est ses coups d’épaules robustes. Il a continué ce style de jeu pendant 7 autres saisons avec le Tricolore avant de passer aux Islanders de New York en retour d’un autre défenseur, Gerald Diduck.

Chris Chelios

Chris Chelios fut un choix de 2e ronde(40e au total) du Canadien de Montréal en 1981. Bien que le Canadien disposait de 3 choix de première ronde (MarkHunter, Gilbert Delorme et Jan Ingman) et d’un autre choix de 2e ronde avant celui de Chelios (Lars Erickssson). L’ancien numéro 24 fut, de loin, le meilleur coup du Canadien lors de ce repêchage.

Serge Savard a toujours été un grand partisan de Chris Chelios. Il L’a toujours protégé et ce n’est pas de gaité de cœur qu’il s’en est finalement départi, sur ordre de Ronald Corey, le 29 juin 1990, avec un choix de 2e ronde, aux Blackhawks de Chicago en retour de Denis Savard.

Chelios a toujours produit offensivement en plus d’exceller défensivement. Son immense talent lui a valu de gagner le Norris remis au meilleur défenseur alors qu’il évoluait avec le Canadien en 1988-89. Il va le gagner une 2e fois en carrière alors qu’il évoluait avec les Blackhawks lors de la saison 1992-93. Il est aujourd’hui un membre du temple de la renommée de hockey et on peut dire que Serge Savard a bien fait de ne pas s’en départir en 1983.

Marcel Dionne

Celui qui était surnommé «le petit castor» venait de connaître 5 saisons consécutives de plus de 100 points avec les Kings dont un sommet de 137 points en 1979-80 suivit d’une de 135 la saison suivante. Lors de la saison 1983-84, il avait disputé seulement 66 matchs. Il avait tout de même obtenu 92 points. Par la suite, en 1984-85, il démontre qu’il est revenu en forme en inscrivant 126 points. Marcel Dionne était une pure machine offensive et cela aurait été un plaisir pour les partisans du Canadien de Montréal de le voir porter le légendaire uniforme Bleu-Blanc-Rouge.

Cependant, le prix demandé était très cher. Céder Gainey avec Shutt et Ludwig aurait peut-être été acceptable, quitte à ajouter un choix au repêchage ou un autre joueur, mais inclure un jeune talent comme Chris Chelios en plus était trop pour Savard et on peut le comprendre.

Savard obtient Bobby Smith

Voyant que les négociations avec les Kings aboutissaient à un cul-de-sac, Serge Savard se retourne et obtient alors Bobby Smith.

L’équipe connaissait un début de saison en dents de scie et peine à prendre son rythme. Savard ne perd pas temps et, à la fin octobre, il va effectuer une première transaction importante depuis son arrivée à Montréal alors qu’il cède Keith Acton, Mark Napier et un troisième choix aux North Stars du Minnesota en retour de Bobby Smith. Ce fut une bonne transaction pour le CH et cela a quand même assez bien fonctionné entre Smith et Lafleur, car le «démon blond» a inscrit 30 buts et ajouté 40 mentions d’aide.

Ce sera toutefois la seule saison complète de ce duo dans l’uniforme du Canadien.

Des flammèches avec Guy Lafleur et Marcel Dionne ?

Sans rien enlever à Bobby Smith qui était un très bon joueur, Lafleur aurait fort probablement produit encore plus avec Marcel Dionne comme joueur de centre. On peut croire qu’avec Dionne à la place de Smith, Lafleur aurait fort possiblement inscrit entre 15 et 20 points supplémentaires. Il aurait donc terminé avec une production aux environs de 85 et 90 points. Voilà qui l’aurait tenu loin de ses projets de retraite.

Rappelons que Guy Lafleur, malheureux dans le système de jeu imposé par Jacques Lemaire, son ancien coéquipier devenu entraîneur-chef à la fin de février 1984, et insatisfait par sa production offensive qui allait à la baisse depuis quelques saisons, avait décider d’annoncer sa retraite le 26 novembre après avoir obtenu seulement 2 buts et 3 passes en 19 matchs.

De son côté, Jacques Lemaire n’était pas à l’aise de diriger une équipe à Montréal et d’avoir à s’expliquer aux journalistes après chaque partie. Après cette brève apparition à la barre du Canadien durant cette saison 1984-1985, il devient adjoint au directeur-gérant la saison suivante.

Est-ce que Bob Berry aurait été congédié si Dionne et Lafleur avaient bien produit ensemble ? difficile à dire. Le Canadien aurait pu aussi perdre de nombreux matchs malgré une bonne production de son premier trio. Après tout, c’était justement le cas avec les Kings de Los Angeles qui, malgré les prouesses de Marcel Dionne, Dave Taylor et Charlie Simmer, terminaient bien souvent au dernier rang de la Division Smythe. Si Bob Berry avait été tout de même congédié, est-ce que Lemaire aurait empêché un duo au potentiel offensif immense comme Marcel Dionne et Guy Lafleur de produire ? Là encore, c’est difficile de répondre à cette question.Toutefois, nous avons tendance à croire que le duo Dionne-Lafleur aurait pu produire plusieurs flammèches.

Dionne et Lafleur se retrouvent chez les Rangers

Marcel Dionne fut finalement échangé aux Rangers de New York le 10 mars 1987 avec Jeff Crossman et un choix de 3e ronde en 1989 en retour de Bobby Carpenter et Tom Laidlaw. «Le petit castor» avait raté plusieurs parties en raison de blessure à sa première saison avec les Rangers en 1987-88. il avait tout de même produit au rythme de presque un point par match avec 31 buts et 24 passes pour 65 points en 67 parties.

Par un drôle de hasard, Guy Lafleur a décidé de sortir de sa retraite et de se joindre aux Rangers pour la saison 1988-89. en 67 matchs, Lafleur avait obtenu une fiche de 18 buts et 27 passes pour 45 points. Dionne de son côté était encore une fois ralenti par les blessures. Il avait disputé seulement 37 parties obtenant 7 buts et 16 passes.

Ces deux grands du hockey que sont Guy Lafleur et Marcel Dionne n’auront donc jamais eu la chance de vraiment jouer ensemble au cours de leurs carrières qui furent tout de même glorieuses de part et d’autre. Si cela avait été le cas, bien des choses auraient été certainement différentes. Malheureusement, le destin en a décidé autrement.

Crédit photo : NHL.com (3x)
Sources : «Notre histoire», le site historique du Canadien de Montréal, Bilan du siècle et Wikipedia

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