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Embauche de Lindy Ruff: Alain Nasreddine oublié?



Par Guillaume Arcand

Le 9 juillet dernier, l’organisation des Devils du New Jersey annonçait l’embauche de Lindy Ruff derrière le banc. En regardant les choses de plus près, les Devils mettent la main sur un instructeur d’expérience et qui a réussi des choses intéressantes par le passé, mais on peut aussi se questionner sur cette embauche quand il y avait déjà un jeune coach au potentiel intéressant dans l’organisation, dont le nom est Alain Nasreddine

Nasreddine correspondait aux besoins des Devils

C’est difficile d’avoir quelque chose contre Lindy Ruff. L’entraîneur de 60 ans compte 1493 matchs d’expérience comme entraîneur-chef, a un trophée Jack-Adams en poche, a mené les Sabres dans 4 finales de l’Est et dans la seule finale de la Coupe Stanley de l’histoire de la concession.

On peut aussi parler de comment il a aidé les Stars à passer à la prochaine étape. Le hic dans l’embauche de l’ancien entraîneur-chef des Sabres et des Stars n’est pas Ruff lui-même, mais le fait que l’ancienne formation de Martin Brodeur n’avait pas besoin d’un coach du même type que celui qui a passé les 3 dernières saisons avec les Rangers de New York comme assistant-entraîneur.

Ruff convient à une équipe qui cherche à passer à la prochaine étape, comme il l’a fait avec les Stars en 2013, eux qui cherchaient à se tailler une place en séries. Chez les Devils, tel qu’annoncer par le directeur général Tom Fitzgerald au mois de février, l’équipe est en pleine reconstruction (ou en plein dans un 3e processus de reconstruction depuis que l’ère Martin Brodeur est terminée), donc octroyer un poste d’entraîneur-chef permanent pour quelques saisons à Alain Nasreddine n’aurait pas été une mauvaise idée.

Évidemment, celui qui a oeuvré comme assistant-entraîneur pour les Devils depuis 2015 est loin d’être un coach parfait digne du Jack Adams, mais il aurait appris à devenir un solide instructeur. Les représentants de l’état du New Jersey sont en train de reconstruire, et y aller avec un entraîneur jeune, inexpérimenté, mais avec un certain potentiel qui aurait progressé en même temps que les jeunes joueurs de l’organisation pour faire partie du processus n’aurait pas été une mauvaise décision.

L’instructeur de 45 ans connait bien les jeunes joueurs en place à Newark, et il avait réussi à faire un travail respectable dans leur développement durant son court passage comme entraîneur principal. Même s’il a créé une belle surprise en maintenant une fiche positive de 19-16-8 en relève à John Hynes, si l’organisation des Devils avait décidé de poursuivre leur travail avec Nasreddine, les victoires ne seraient pas arrivées de manière instantanée dans les années qui allaient suivent.

Cependant, l’homme derrière le banc des chandails rouges et noirs serait un entraîneur en train d’apprendre et qui saurait comment développer les jeunes en place, tout en réussissant à gagner l’expérience suffisante afin de devenir un entraîneur de qualité pile au moment où son équipe serait prête à passer à la prochaine étape. En gros, l’homme de hockey aux origines libanaises aurait grandi en même temps que les jeunes dont il a supervisé le développement.

Toutefois, à Newark, on a préféré y aller avec un entraîneur d’expérience, comme si on cherchait à ramener cette équipe en séries éliminatoires quand faire partie de la grande danse actuelle pour une formation comme celle de la banlieue de New York relève pratiquement de la fiction pour encore un petit bout de temps.

Nasreddine a les compétences

Outre le fait qu’il est dans le milieu de la quarantaine, ce qui fait donc qu’il a sa place dans un club en relance, c’est parce que l’ancien assistant-entraîneur du club-école des Penguins de Pittsburgh est un candidat de choix pour ses compétences, qui ont un peu surpris tout le monde après qu’il ait pris le relais au poste d’entraîneur-chef en décembre.

Celui qui a porté les couleurs des Blackhawks, des Canadiens, des Islanders et des Penguins au cours de sa carrière professionnelle est arrivé en pleine tempête, alors que l’équipe traversait une vague de changement et de brouhaha médiatique. Nasreddine n’a pas eu la même chance que son ancien complice, John Hynes.

Alors qu’il débutait la saison 2019-20 derrière le banc des Devils, celui qui est maintenant derrière le banc des Predators avait la chance de faire quelque chose d’intéressant avec son club qu’on vantait presque comme étant l’équipe s’étant le plus amélioré lors de la précédente saison morte. Celui qui l’a remplacé au mois de décembre mieux fait, même s’il est arrivé dans toute cette grosse tempête et alors que la saison était perdue, avec le fait que le meilleur joueur (Taylor Hall), le capitaine (Andy Greene) et le joueur favori des partisans (Blake Coleman) allaient tous être envoyé sous d’autres cieux dans les mois qui allaient venir.

Vous allez me dire que c’est facile de mieux réussir que John Hynes. Dites-vous bien que les principaux commentaires qu’on pouvait lire suite à l’annonce du changement d’instructeur sur les réseaux sociaux ressemblaient à ”ce n’est pas mieux”,”les Devils l’ont remplacé par le seul qui était pire encore” ou même encore ”on aurait du garder Hynes à la place d’engager sa version moins bonne de lui”.

L’instructeur québécois a littéralement fait mentir bien des détracteurs, et on peut le constater par les chiffres. Sous sa gouverne, les Devils ont marqué, en moyenne, 2,86 buts par matchs et en ont accordé 3,07 par rencontre. Avec John Hynes, la moyenne de buts inscrits était de 2,50, et celle des buts alloués s’élevait à 3,46.

Si l’entraîneur originaire de la ville de Montréal a aidé la cause de son équipe pour le nombre de buts pour et de buts contre, les améliorations sous l’ère Nasreddine ne s’arrêtent pas là. On a pu aussi observer une différence au niveau des unités spéciales.

Avec Hynes, l’efficacité des hommes en rouge en avantage numérique était de 13,4%, alors que l’équipe réussissait à écouler 76,5% de ses pénalités. Quand Nasreddine a pris les reines du club, ses protégés parvenaient à inscrire un filet dans 20,8% de ses avantages numériques. Les conseils de celui qui était assistant à John Hynes avant de lui soutirer la place d’entraîneur-chef ont aussi porté fruit, alors que ses hommes sont parvenus à ne pas accorder de buts lors de 85,4% de ses pénalités.

Les chiffres ne mentent pas, ils ne font que parler d’eux-mêmes. Donc, en l’espace de quelques mois, le défenseur retraité a passé de celui qui était vu comme étant pire que John Hynes à un instructeur qui commence à attirer l’intérêt de bien des équipes à la recherche d’un instructeur principal. Ayant commencé à faire des choses intéressantes pour les Devils dès son arrivée en poste, c’est presque comme si l’instructeur québécois occupait le poste d’entraîneur-chef depuis plusieurs saisons.

Sa maigre expérience de 4 saisons comme entraineur adjoint dans la LNH et 5 autres dans la ligue américaine, toujours comme adjoint, ne paraissait plus. Imaginez maintenant ce qu’il sera dans quelques années, après plusieurs saisons d’expérience dans le corps.

C’est en plein pour cela que je mentionnais que de le garder au New Jersey serait une bonne chose pour l’organisation, car étant déjà assez compétent pour diriger le banc d’une équipe de la LNH, le Québécois de 45 ans serait devenu un entraîneur de qualité au moment que son équipe serait arrivée à maturité. Il aurait donc grandi et se serait amélioré en même temps que son club.

Pour plusieurs raisons, derrière cet embauche de l’expérimenté au passé fleurissant Lindy Ruff se trouve un jeune entraîneur au potentiel intéressant qui aurait pu avoir sa chance. Alain Nasreddine risque fort probablement de trouver du travail au sein d’une autre organisation, et si jamais il connaît du succès lorsque ça arrivera, on dira qu’un coach de talent, qui était dans la cour des Devils, leur a carrément glissé entre les doigts.

Crédit photo: New York Post, NHL.com, ESPN

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