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RJ Barrett: le prototype canadien de Michael Jordan


Par Guillaume Arcand  

Le titre est à prendre avec un grain de sel, car nous sommes de vouloir dire que RJ Barrett est en voie de devenir l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA, car ce ne sera pas le cas. Toutefois, que ce soit pour son style, ou bien par le fait qu’il pourrait être pour le Canada ce que Jordan était pour les États-Unis, des ressemblances entre Barrett et le visage du basketball peuvent être détectées, même si les deux athlètes sont très loin en termes de talent.

Une saison recrue éclipsé par d’autres excellents jeunes joueurs

À l’image de la série allemande Dark, le chiffre 3 semble revenir dans de nombreuses situations concernant plusieurs bons joueurs de la NBA. Michael Jordan a été choisi 3e au total de son repêchage, qui a eu lieu en 1984, et beaucoup s’entendent pour dire qu’il est le meilleur joueur à avoir évoluer dans la NBA. Luka Doncic, 3e choix au total en 2018, pourrait fort bien être le meilleur Européen à avoir foulé un parquet de la NBA.

En ce qui concerne Barrett, un joueur pris au 3e rang par les Knicks de New York lors du plus récent encan du plus gros circuit de basketball au monde, il a des chances très potables d’être le meilleur joueur canadien de l’histoire jusqu’ici. Il pourrait devenir ce qu’on pensait qu’Andrew Wiggins serait, et ce que ce même Wiggins n’est malheureusement jamais devenu.

Il y avait même une époque où on voyait l’arrière de 6’6 comme étant le meilleur espoir de la cuvée 2019. C’est alors que son coéquipier avec les Blue Devils de Duke dans la NCAA Zion Williamson a commencé à faire parler de lui, et beaucoup ont réalisé que ce petit ailier fort costaud de Duke University était un véritable phénomène en termes d’athlétisme et de forme physique, alors Barrett a glissé au 2e rang dans beaucoup de listes.

Zion Williamson

Ensuite, un meneur de l’université de Murray State un peu méconnu au nom de Ja Morant a un peu surpris tout le monde. À mesure que la saison 2018-19 progressait, plusieurs le voyaient comme étant une version rajeunie de l’excellent John Wall, au point que plusieurs listes semblaient montrer que la 2e sélection était à la portée de Morant et Barrett. Le gagnant a été finalement Morant.

Ja Morant

Ce qui a expliqué la chute du Canadien est le fait qu’il a été confronté à de meilleurs athlètes qu’on a appris à connaître pendant leur année de repêchage. Toutefois, c’est aussi pour sa finition à l’anneau que certains qualifiaient de défaut et de faiblesse dans son jeu, alors que d’autres assuraient que le garde canadien n’avait pas une grosse valise de qualités, et qu’il ne fallait pas commencer à l’encenser vu qu’il savait faire des ”dunks”.

Bon, malgré ses quelques défauts ici et là, il ne faut pas oublier qu’il y a 2 ans à pareille date, la majorité de la planète basketball avait élu le numéro 9 des Knicks de New York comme étant le roi de la cuvée 2019. Aujourd’hui, on commence à oublier l’arrière qui a eu 20 ans le 14 juin dernier, malgré tout ce qu’il a accompli de remarquable au niveau collégial et dans la NBA jusqu’ aujourd’hui.

Avant l’arrêt de la saison 2019-20, qui marquait la saison recrue pour Barrett, le fils de Rowan Barrett a cumulé des chiffres pas mauvais pour un joueur de première année, cumulant une moyenne de 14,3 points, 5 rebonds et 2,6 passes décisives par rencontre.

Tout ça, alors que son temps de possession était réduit par la présence d’autres joueurs qui se sont amenés avec les Knicks via les agents libres en été 2019 comme Julius Randle et Marcus Morris, qui n’ont d’ailleurs rien changé au sort de ceux qui partagent le Madison Square Garden avec les Rangers, alors qu’ils avaient une fiche de 21-45 avant la crise.

Barrett est loin d’avoir régressé. On l’a juste un peu écarté de l’attention médiatique dû au fait que d’autres jeunes loups ont trouvé toutes les raisons du monde pour qu’on parle d’eux.

Sans aucun doute, notre future superstar canadienne

On peut oublier, dans le cas de Barrett, l’objectif d’être le meilleur joueur de son année de repêchage, mais ce n’est qu’une question de temps avant que le porte-couleur des Knicks de New York soit le meilleur basketteur au pays. Le titre d’être la vedette d’Équipe Canada Basketball est un titre dont l’obtention n’est pas une tâche facile avec tous ces jeunes Canadiens qui émergent un peu partout au pays.

La compétition est forte, mais même si le titre de meilleur joueur canadien est quelque chose qui demande plus de travail qu’auparavant, c’est quelque chose qui va être dans la poche du numéro 9. Jamal Murray est une pièce d’une importance capitale pour cette puissance que sont les Nuggets de Denver, mais peu sont ceux qui le considèrent comme étant dans les 5 meilleurs joueurs de sa position. Shai Gielgeous-Alexander a contribué à ce que le Thunder d’Oklahoma City nous prenne tous un peu par surprise cette année, mais de son côté, il y a encore beaucoup de travail s’il veut participer au match des étoiles de façon régulière.

Andre Wiggins est très solide, et il va apporter un apport intéressant à l’attaque des Warriors au côté de Steph Curry et de Klay Thompson, mais le nom de Wiggins est souvent associé à la déception et aux attentes élevées pas comblées après que beaucoup le voyaient comme étant une version canadienne de LeBron en 2014. En ce qui concerne la recrue des Knicks de New York, les chances qu’il parvienne à être plus qu’un joueur important et que le match des étoiles soit un rendez-vous annuel pour lui sont hautes.

RJ Barrett, c’est probablement un joueur qui sera dans les 20 ou même 25 points par match dans son apogée, un joueur qui pourrait être un gros morceau, si ce n’est pas le meneur, d’une formation aspirante aux grands honneurs, ainsi qu’un joueur qui aspire à être dans les 5 meilleurs joueurs de sa positon. Ce n’est certainement pas par magie que la recrue canadienne est en bonne position pour obtenir la seule des 3 nominations encore ”disponible” au titre de recrue de l’année, alors que les deux autres seront, sans aucun doute, décernées à Ja Morant et Zion Williamson. (À noter que le texte a été écrit avant que toutes nominations aient été annoncés)

L’arrière torontois a connu sa part de succès à l’âge de 19 ans, alors que le seul joueur provenant du Nord de la frontière canado-américaine qui peut se vanter d’avoir connu une campagne aussi glorieuse à cet âge est Andrew Wiggins. La grosse majorité des joueurs de notre pays, à l’âge de 19 ans, étaient en train d’améliorer leur niveau de jeu dans la NCAA s’ils n’étaient pas en train d’occuper un rôle moindre au sein d’une formation de la NBA.

Pourquoi il me rappelle étrangement Jordan, déjà?

C’est maintenant le temps de parler des qualités de Barrett, et pourquoi il peut faire penser autant à des visages du basketball comme Michael Jordan et Kobe Bryant. Évidemment, la ressemblance ne s’arrête pas au fait que l’ancien coéquipier de Cam Reddish et de Zion Williamson a un gabarit similaire et qu’il évolue à la même positon que ces deux joueurs considérés comme des légendes.

Sans dire que Barrett est sur les traces d’athlètes de ce calibre, on peut détecter des ressemblances dans le jeu de chacun, et on ne peut accueillir ça autrement que comme une bonne nouvelle. L’ancien des Blue Devils de Duke University n’a pas le meilleur ”finish” au panier, mais il possède plein de belles autres qualités dans son coffre à outils.

L’ancien protégé de Mike Krzyzewski n’a peut-être pas l’âge de se commander une bière dans les bars américains, mais il joue comme un joueur ayant au moins 5 saisons d’expérience dans le monde professionnel. Contrairement à un dénommé Ja Morant qui fonce constamment dans la clé au point de se moquer s’il va marquer ou s’il va être contré, le 3e choix au total du dernier repêchage joue avec patience et intelligence, et attaque le panier dès qu’il voit une ouverture.

Celui qu’on surnomme Maple Mamba a aussi le sens du marqueur, car il ne choisit pas le jeu le plus impressionnant qui soit, mais celui qui va lui permettre de mettre le ballon dans le panier. Il crée également du contact avec l’adversaire afin de se donner de l’espace pour ensuite être capable de terminer son ”lay up”.

Étant un véritable poison pour les joueurs défensifs adverses, celui qui est allé à la Montverde Academy en Floride est aussi capable de réussir sa part de lancer de 3 points, et ce, même s’il est sévèrement contesté. On peut aussi parler de son jeu dans la clé, qui contient toutes sortes de feintes pour permettre de mystifier l’adversaire et ainsi marquer.

L’Ontarien est aussi un joueur très athlétique, et lorsqu’on lui donne le moindre corridor vers le panier, il va donner un certain frisson à la foule en y allant d’un foudroyant ”dunk”. Ses qualités peu flamboyantes, mais qui lui permettent de récolter les points et d’aider son équipe est pourquoi Barrett me fait autant penser à l’ancien numéro 23 des Bulls, qui s’est mérité un documentaire sur Netflix. C’est aussi pour cela que la recrue des Knicks sera, sans trop de doutes, une grosse vedette dans la NBA et qu’il sera qui aura enfin sortir les Knicks de ce marasme

Les États-Unis ont eu Michael Jordan. Le Canada a RJ Barrett. L’écart entre les joueurs, tout comme celle entre le Canada et les É-U en termes de basketball, est très grand, mais les similitudes sont tout de même présentes. Même si on a moins parlé de lui, car il a évolué dans l’ombre d’autres excellentes recrues, RJ Barrett sera une véritable vedette au sein du circuit Silver et deviendra probablement le meilleur joueur canadien à enfiler un chandail de la NBA à ce jour.

Crédit photo: Essentially sport, Forbes, Porter Medium, People

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