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Vasili Ponomarev: dans l’ombre de Mavrik Bourque



Par Guillaume Arcand

Malgré tout ce qu’on peut entendre ici et là, les Cataractes de Shawinigan ont pas mal toujours eu la main heureuse dans le dossier des joueurs européens. Avec des noms comme Dennis Yan, Anton Zlobin, en passant par Jan Drozg et Valentin Nussbaumer, pour ne nommer que ceux-là, on peut dire mission accomplie pour la formation mauricienne dans le dossier des joueurs provenant de l’autre coté de l’Atlantique. Une autre raison prouvant l’efficacité des Cataractes chez les joueurs étrangers est Vasily Ponomarev, un joueur de centre russe de 17 ans admissible au prochain repêchage.

Bonnes performances malgré le contexte

Même si les chances que Ponomarev soit choisi lors du premier tour sont assez bonnes, vous n’avez pas vraiment entendu son nom et c’est normal dans les circonstances. Le joueur de centre russe était loin d’avoir son nom sur beaucoup de lèvres des amateurs et des analystes de hockey. En fait, il était pratiquement méconnu avant le mois de septembre 2019 même s’il avait connu une très bonne saison dans la ligue junior russe.

Le numéro 92 des Cataractes a commencé à se faire un nom lors de la Coupe Hlinka-Gretzky 2019, qui a eu lieu au mois d’août, lui qui a inscrit 6 points en 5 matchs dans le tournoi. Ensuite, Ponomarev a passé la saison 2019-20 avec les Cataractes de Shawinigan, ce qui marquait sa première présence sur le sol nord-américain durant une saison complète.

Quand il jouait pour la formation mauricienne, on n’a peu entendu parler de lui car, quand on parlait du club shawinigais, on n’en avait que pour Mavrik Bourque. Le reste de l’équipe n’existait pas, même si l’espoir québécois était accompagné de plusieurs joueurs intéressants à suivre, dont Ponomarev. Pourtant, celui qui est parfois surnommé “Pono” a évolué comme 2ème centre derrière Bourque. Le Russe de 17 ans a même déjà été employé à la droite de son coéquipier québécois à quelques reprises.

En 57 matchs, l’attaquant russe a récolté 49 points. Si cette récolte paraît bien, elle brille encore plus en regardant les facteurs qui ont influencé le rendement du numéro 92 en 2019-20.

Il faut savoir, d’entrée de jeu, que Ponomarev jouait sa première saison complète sur des patinoires nord-américaines, qui sont évidemment différentes de celles qu’on trouve en Europe. Chez certains joueurs qui arrivent de l’autre côté de l’Atlantique, l’adaptation est parfois très difficile, mais dans le cas du 9ème choix au total du repêchage 2019 euro de la LCH, c’est comme si nos petites patinoires n’avaient aucun secret pour lui cette année.

L’espoir au prochain repêchage a aussi évolué pour une équipe qui n’a pas connu une excellente saison malgré les attentes élevées. En effet, les Cataractes de Shawinigan ont terminé leur campagne (écourtée de quelques match due à la crise) tout juste en-dessous de la barre de ,500. Les champions de la Coupe Memorial en 2012 n’ont pas réussi à tirer leur épingle du jeu dans une conférence de l’Ouest où la voie était libre pour dominer, même pour des clubs qui n’avaient pas encore leur pleine maturité et qui était en plein dans un processus de reconstruction.

On était plusieurs à voir les représentants de la Cité de l’Énergie plafonner dans le top 3 de l’Ouest. Hélas, alors que les résultats ont tardé à se faire sentir durant tout le long de la campagne, on a même assisté à un changement d’entraîneur, alors que Daniel Renaud a été relevé de ses fonctions le 9 février pour être remplacé temporairement par Gordie Dwyer.

Dans ces conditions, on peut constater que le rendement offensif de celui qui a représenté la Russie lors de la dernière Coupe Hlinka-Gretzky aurait pu être bien plus bas, et ça n’aurait pas été anormal. En considérant ces facteurs, on peut dire mission accomplie dans le cas du numéro 92 pour sa saison.

Un choix de premier tour?

Les mots “Vasily Ponomarev” et “vol” sont des mots qu’on peut mettre dans une même phrase, mais seulement à certaines conditions. C’est facile de crier au vol a propos d’un joueur X (je l’ai moi-même souvent fait auparavant dans de vieux textes) à tout bout de champ.

Si jamais le Russe, qui a fêté ses 18 ans le 13 mars dernier, réussit à faire tenter une équipe de le sélectionner dans les 30 premiers, on pourra parler d’une bonne sélection, ni plus ni moins. Si on assiste à un scénario où le jeune Russe est toujours disponible après le premier tour et trouve seulement preneur durant la 2ème ronde, ou même après, on pourra parler d’un excellent coup de dés, considérant que tous les choix de repêchage sont des coups de dés, tous plus ou moins risqués les uns que les autres. Toutefois, ce serait faux et hautement risqué de crier que cette équipe qui va mettre la main sur le talentueux Russe, a choisi un joueur qui deviendra automatiquement aussi bon qu’Evgeny Kuznetsov.

Cependant, peu importe la situation auquel l’attaquant natif de Zolonograd, en Russie, fera face lors du repêchage et lors de son premier camp professionnel, il risque de connaître une saison 2020-21 du tonnerre et qui va faire rêver l’organisation qui va le repêcher. Ponomarev, considérant qu’il évoluera dans une équipe aspirante aux grands honneurs lors de la prochaine saison, en plus d’avoir une année d’expérience acquise en Amérique du Nord, pourrait frapper la barre des 90 points avec les Cataractes sans trop de problèmes.

Dans un scénario qui permet la tenue du Championnat Mondial Junior 2021 au temps des Fêtes, qui devrait avoir lieu à Edmonton et Red Deer, on verra l’attaquant de 6’0″ représenter la Russie et avoir un bon rôle au sein de la formation récipiendaire de la médaille d’argent lors du CMJ 2020. Placé dans un environnement plus avantageux, nous verrons un Ponomarev beaucoup plus dominant et représentatif de son talent en 2020-21.

Pourquoi c’est un possible choix de premier tour?

Les qualités expliquant pourquoi Ponomarev risque de faire désirer bien des équipes ayant un choix dans le top 31 sont nombreuses, et ne se limitent pas seulement à son très bon contrôle de rondelle et ses impressionnantes mains. Évidemment, ces deux qualités sont celles qui sautent tout de suite aux yeux quand on regarde l’attaquant russe, et on peut même dire qu’il s’agit de ses principaux atouts en tant que joueur.

Cependant, ce qui le rend autant redoutable et alléchant pour plusieurs recruteurs, c’est aussi sa vision du jeu assez bien développée et ses grandes qualités de passeur, qui fait de lui une arme offensive incontestée. Le surnommé “Pono” se dissocie des stéréotypes attribués aux joueurs russes, alors qu’il est très responsable dans sa zone et travaille sur 200 pieds à chacune de ses présences.

Si l’attaquant russe est un joueur à surveiller étroitement pour ses adversaires, son implication défensive procure cette présence rassurante sur la glace pour ses coéquipiers. En plus de tous ces atouts-là, l’attaquant des Cataractes a aussi une bonne exécution, un bon coup de patin ainsi qu’un très bon hockey IQ, ce qui lui permet de tirer son épingle du jeu peu importe la situation dans laquelle il se trouve.

En résumé, on peut dire que Vasily Ponomarev a connu une bonne saison et qu’il aurait eu encore plus de succès s’il se trouvait dans un contexte légèrement plus viable. L’avenir, dont la prochaine saison, s’annonce prometteur pour le talentueux Russe.

Crédit photo: The Hockey Writers, Futur Scope Hockey

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