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Voici quelques questions pour les sceptiques du programme canadien de hockey (partie 2)


Par Guillaume Arcand

Voici la 2e partie des questions posées à ceux qui ont des doutes sur notre sport au pays. Pour ceux qui auraient raté la première partie, vous pouvez la lire ici :

Voici quelques questions pour les sceptiques du programme canadien de hockey (partie 1)

Quelques questions pour les sceptiques du programme canadien de hockey (partie 2)

En quoi la langue maternelle d’un joueur est un critère de sélection et de succès?

Je crois que c’est la question la plus sensible du texte. Selon plusieurs, ÉCJ et le programme canadien font de la discrimination ouverte envers les joueurs francophones.

D’autres amateurs vont même encore en plus loin en avançant que non seulement le programme national n’aime pas les francophones, mais en plus, que c’est à cause de cela si le hockey va mal au pays et si les performances canadiennes ne ressemblent pas à ce qu’elles étaient auparavant.

Cette année, il y avait deux représentants de la belle province au sein de l’alignement qui étaient Jakob Pelletier et Devon Levi. On a entendu le même refrain une fois que la sélection junior canadienne a été complétée: on ne fait pas de place aux Québécois.

Oui, en 2016, ECJ n’a pas laissé de chance à un bon nombre de joueurs de notre province, et ce manque de préférence pour les représentants du drapeau fleur de lysée a coïncidé avec une première exclusion en demi-finale depuis 1998. Cependant, je ne vois aucune, et je dis bien aucune, corrélation entre retrancher Jérémy Lauzon de son alignement et perdre contre, entres autres, Patrik Laine, Jesse Puljujarvi et Sebastian Aho.

En 2017 et en 2018, on a fait place aux québécois Philippe Myers (2017) et Maxime Comtois (2018), deux années où les représentants de la feuille d’érable rouge ont connu un très bon parcours. C’est une supposition, mais je crois que si Myers n’avait pas représenté les champions des éditions 2015, 2018 et 2020 au courant du WJC-20 2017, le résultat aurait été le même.

Même si Comtois a fait un travail très respectable en 2018, je crois que s’il avait été retranché au profit de Cody Glass ou de Nick Suzuki cette année-là, on aurait quand même pu assister à une victoire de la part des troupes canadiennes lors de cette édition.

En 2019, on a reproché à Tim Hunter de ne pas avoir fait une utilisation adéquate des deux québécois Joe Veleno et d’Alexis Lafrenière, au point de dire que c’est la raison pourquoi ECJ s’est inclinée aussi tôt qu’en quart de finale. Je suis amplement d’accord avec le fait qu’Hunter aurait pu laisser une vraie chance aux deux attaquants québécois lors du tournoi.

Cependant, je vais encore me répéter, mais si ce n’était pas de l’incident relié au bâton de Noah Dobson, notre pays aurait probablement défendu son titre à Vancouver en janvier 2019. Et dans le scénario où ECJ ramène une autre médaille d’or au pays, personne n’aurait fait un plat avec l’affaire Veleno-Lafrenière-Hunter. Aussi, je me dois de rappeler que même si je ne suis pas d’accord avec cette décision de l’entraîneur-chef âgé de 60 ans à ce moment-là, une formation comme celle du Canada aux mondiaux juniors a le luxe que pratiquement aucune autre nation ne possède en ayant le pouvoir de mettre des joueurs de ce calibre dans un rôle de soutien.

Donc, je me demande pourquoi, chaque année, certains crient haut et fort qu’une discrimination anti-québécois est présente quand, comme vous le pouvez le voir, on laisse une chance aux joueurs de notre province, en plus d’en faire une utilisation assez adéquate dans les circonstances.

Aussi, ce n’est pas un secret pour beaucoup d’amateurs de hockey au Québec. Le hockey n’est pas vraiment en santé au Québec, entre autre grâce à Hockey Québec et à la LHJMQ, qui est considérée comme étant inférieure à la OHL ou à la WHL par beaucoup de gens pour toutes sortes de raisons. C’est ça qui explique la présence faible de québécois dans les alignements canadiens chaque année, et non pas une mentalité discriminatoire de la part des dirigeants d’Hockey Canada.

Ce qui m’amène à la sous-question suivante: pourquoi il faudrait qu’ECJ sélectionne massivement des joueurs d’une province où le hockey et son programme connaissent certaines difficultés pour venir régler le problème que présente la formation canadienne? Pourquoi, pour régler le problème ici, faut-il amplifier ce même problème?

Il y a quelque qui ne fonctionne pas, visiblement, dans les requêtes de plusieurs.

On peut bien voir que de sélectionner des joueurs simplement en ayant leur langue comme critère n’est pas la solution face,aux problèmes qu’a notre sport national au pays. Tout ce que cela aurait comme effet, c’est de satisfaire un bon nombre de nationalistes québécois.

Pourquoi la formation canadienne doit absolument gagner l’or chaque année?

Je pose cette question, car le scepticisme et la remise en question de nos institutions nationales de hockey se fait à chaque fois qu’ECJ ne gagne pas l’or. C’est comme si la formation canadienne était condamnée, à chaque CMJ, de repartir du tournoi avec les grands honneurs, sans quoi les critiques pleuvent.

C’est normal de ne s’attendre à rien de moins que l’or pour une nation qui a la réputation du Canada, et je ne veux pas dire que de critiquer comment les institutions gèrent le sport le plus pratiqué au pays à chaque championnat perdu par ECJ est une analyse pauvre et totalement impulsive.

Néanmoins, pour ceux qui remettent en question notre programme à chaque revers d’ECJ au traditionnel tournoi de hockey, je me demande ce que vous pensez du programme suédois, alors que le pays s’écrase tout le temps, et quand je dis tout le temps, j’entends là aucune médaille d’or depuis 2012, en ronde des médailles après des rondes préliminaires parfaites et extraordinaires.

Je me demande ce que vous pensez du programme de hockey russe, alors que les Russes n’ont goûté l’or qu’une seule fois en plus de 15 ans malgré le fait que la nation est très réputée. Je me demande ce que vous pensez du programme américain, qui a évité les demi-finales à 5 occasions dans les 13 derniers mondiaux juniors (contre 2 exclusions en plus de 20 ans pour ECJ, en passant).

Je ne cherche pas à critiquer les performances des autres nations. Cela pourrait avoir un effet négatif sur la question posée ici et la réflexion voulant être apportées, car plusieurs auraient tendance à dire que si les adversaires du Canada sont si incapables d’offrir de bonnes performances, il est donc totalement réfutable de croire que la tâche d’ECJ de gagner l’or n’est pas plus difficile qu’auparavant.

Ce que j’essaie d’éclairer, c’est que non seulement, tel que mentionné plus tôt, les autres pays sont de plus en plus de véritables adversaires pour nos sélections de joueurs en bas de 20 ans, mais qu’en plus, c’est normal que parfois, notre pays ne capitalise pas comme on le veut. On ne peut pas dire que c’est anormal quand cela arrive à toute les nations!

On ne pas peut crier au loup à chaque fois qu’une nation ne remplie pas les attentes, que ce soit la Suède, le Canada, la Russie ou même d’autres équipes, quand le WJC est un tournoi où absolument personne n’est à l’abri de l’erreur, et surtout, où personne n’a droit à l’erreur. Donc, arrêtons de nous emporter et de dire que notre sport décroit ici chaque fois que nos représentants n’arrivent pas au but ultime lors du plus gros rendez-vous international annuel de hockey junior. C’est tout simplement un comportement digne de l’hystérie, rien de moins.

Donc, voici les questions que j’avais à poser à ceux qui doutent de notre système gérant notre sport national. Comme ça, on va pouvoir faire un débat sain et mature sur la question. N’hésitez pas à lire la partie 1 et surtout, à aller jeter un coup d’oeil sur le texte ”prémisse” à ces deux parties, écrit à pareille date l’an dernier, traitant également du sport au pays.

Le programme de hockey canadien est en santé – Le 7e Match

Crédit photo: La Presse, Vancouver Is Awesome, TSN, PBworks, Sportsnet

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